Image mise en avant de "Blade : Trinity"

Critique Rétro : « Blade : Trinity » de David S.Goeyer

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture ! 

Sorti en 2004, « Blade : Trinity » est un film réalisé par David S.Goeyer avec Wesley Snipes, Dominic Purcell, Jessica Biel, Ryan Reynolds, Kris Kristofferson et Triple H. Dans ce troisième et dernier volet de la trilogie, Blade doit faire face au plus grand de tous les vampires : Dracula. Seul face à cette nouvelle menace après la mort de son mentor, Whistler, Blade sera secouru par un groupe de chasseurs de vampires dont la fille de Whistler fait partie, ainsi qu’Hannibal King, un ancien vampire. Ensemble, ils vont tenter d’éliminer Dracula, qui se fait désormais appeler Drake. 

Le dernier opus de la trilogie « Blade » est aussi celui qui a eu le moins de succès dans le monde. Avec 128 millions de dollars de recette, il fait moins bien que « Blade 1 » (131 millions) et « Blade 2 » (155 millions). Même chose en France où il n’attire « que » 634 milles spectateurs contre 653 milles pour le premier et 1,2 million pour le deuxième. Sans surprise, il ne reçoit aucune distinction particulière bien qu’il soit tout de même nommé pour le meilleur film d’horreur aux Saturn Awards.  

Image de Jessica Biel, Wesley Snipes et Ryan Reynolds dans "Blade : Trinity".
Jessica Biel (Abigail Whistler), Wesley Snipes (Blade) et Ryan Reynolds (Hannibal King)

100% Marvel

Le premier « Blade » est considéré comme un précurseur, le second, réalisé par Guillermo del Toro celui qui est le plus beau visuellement et le plus abouti stylistiquement. Le troisième est considéré comme le mal aimé de la trilogie. Pourtant est-il vraiment moins bon que les deux premiers ? 

En mettant en sous-titre « 100% Marvel » la tendance est claire. Par rapport aux deux premiers « Blade : Trinity » prend la tangente stylistiquement parlant. Dans les deux premiers volets, la réalisation avait choisi une ambiance très sombre. L’essentiel de l’intrigue se déroulait de nuit, la plupart des plans étaient donc très peu lumineux. « Blade : Trinity » possède de nombreux plans de jour. La raison ? L’antagoniste principal, Dracula ou Drake, premier vampire, n’a pas les faiblesses habituelles de ses semblables. Il n’a donc aucune crainte lorsqu’il doit engager une course-poursuite de jour avec Blade, ou lorsqu’il rentre dans cette boutique de goodies à son effigie. 

Au-delà de l’utilisation de la lumière, « Blade : Trinity » est certainement le long-métrage qui ressemble le plus aux films Marvel actuels de la trilogie. Outre les effets spéciaux et combats qui ont logiquement beaucoup évolué entre 1998 et 2004, le film possède également un ton humoristique que n’avaient pas les deux précédents. La présence de Ryan Reynolds à travers le personnage d’Hannibal King aide certes beaucoup, mais même Blade se laisse parfois aller à quelques comiques de situation qui n’étaient pas présents dans les deux autres opus de la trilogie. 

Globalement, « Blade : Trinity » est beaucoup plus grandiloquent que les deux premiers, plus spectaculaire, plus grand public. Ce qui symbolise le mieux cette donnée est la diminution radicale du sang à l’écran. Les fans des deux premiers opus diront que « Blade : Trinity » a perdu son essence. Personnellement, je trouve au contraire que le film a su s’adapter et évoluer pour proposer autre chose, ce qui en plus est totalement cohérent par rapport à l’intrigue générale de la trilogie, mais ça, j’y reviendrais dans la partie suivante.

Un final cohérent

Si le scénario de « Blade : Trinity » reste très basique, dans la lignée des précédents, il n’empêche que pour un final, il est très cohérent. Après avoir affronté Deacon Frost dans le premier, un vampire qui voulait dominer sa race, puis Nomak dans le second, un vampire génétiquement modifié, Blade affronte le père de tous les vampires, Dracula. Difficile de faire mieux pour terminer une trilogie que d’affronter le plus mythique de tous les vampires. Certes, on peut toujours objecter le fait que si « Blade : Trinity » avait cartonné dans les salles, les studios auraient certainement lancé la production d’un quatrième volet, qui aurait brisé la cohérence générale. Mais comme le hasard fait bien les choses, la saga s’est arrêtée là. 

Globalement, je trouve l’intrigue générale de la trilogie très cohérente. Les adversaires de Blade sont de plus en plus forts pour finir avec Dracula. Forcément, en affrontant des ennemis toujours plus puissants, Blade prend de plus en plus de risques, et voit en plus des vampires, les humains le traquer. Ses derniers étaient peu présents dans les deux premiers opus, à part pour servir de garde-manger aux vampires. Ils vont prendre une place plus importante dans le final. Ce n’est pas plus mal. On pouvait en effet reprocher aux scénarios des deux premiers volets le manque de cohérence au niveau des forces de l’ordre. Blade massacre des vampires et des adeptes (des humains qui servent les vampires) sans que la police et le gouvernement ne semblent s’y intéresser, alors que le nombre de disparitions est énorme. « Blade : Trinity » corrige cette incohérence en faisant intervenir le F.B.I. Une difficulté supplémentaire pour notre héros, qui évidemment, ne veut pas tuer des innocents, même si ses derniers le prennent pour un psychopathe. Blade s’expose donc de plus en plus ce qui explique aussi les plans de jours beaucoup plus nombreux. Forcément en s’attaquant seulement aux vampires dans les deux premiers opus, l’intrigue se déroulait seulement de nuit, mais désormais, avec Dracula qui ne craint pas le soleil plus les humains, il est logique que l’intrigue se déroule aussi la journée. Voilà pourquoi « Blade : Trinity » n’a pas perdu l’essence de la saga, il s’agit simplement d’une évolution narrative. 

Image de Wesley Snipes en tant que Blade dans "Blade : Trinity"
kinopoisk.ru

Un casting au top

Le casting était l’un des points faibles des deux premiers opus, si l’on excepte Wesley Snipes. Dans le premier, seul Stephen Dorff  qui incarnait Deacon Frost sortait du lot. Même chose pour le second où seul Ron Perlman s’illustrait dans le rôle du vampire Adolf Reinhardt. Deux antagonistes à chaque fois. Cette fois-ci, le casting est beaucoup plus complet. Seule différence, ce n’est plus un antagoniste qui a la part belle. Dominic Purcell (« Prison Break ») qui incarne Dracula ne fait pas une mauvaise performance, mais ne sort pas non plus du lot. Celui qui tire le casting vers le haut, c’est sans conteste Ryan Reynolds. À travers Hannibal King, on retrouve les prémices du personnage de Deadpool qu’il incarnera 12 ans plus tard. Il oblige les autres personnages à sortir de leur zone de confort, notamment Wesley Snipes, qui se voit obligé de montrer une autre facette de Blade que l’on n’avait pas vu jusqu’à présent. Quant à Jessica Biel, elle est certainement le personnage féminin de la saga la plus intéressante vu jusqu’à présent. Son duo avec Blade est moins efficace que celui que le chasseur formait dans le 2 avec Leonor Varela qui incarnait Nyssa, cependant, elle est beaucoup plus indépendante que cette dernière. Les fans de catch apprécieront également la présence de Triple H plutôt efficace un second rôle où il incarne le vampire Jarko Grimwood.

Quant à Wesley Snipes, il est dans la lignée du deuxième volet. Sa meilleure performance restera celle du premier. Mais ce n’est pas une question d’acting, mais d’évolution du personnage. Dans le premier volet, Blade n’avait pas à s’exprimer beaucoup oralement contrairement puisqu’il évoluait seul. Dans le 2ème et 3ème film, il côtoie beaucoup d’alliés et doit donc parler davantage. Je trouve que le personnage n’est pas très à l’aise pour s’exprimer. Alors est-ce dû à Wesley Snipes qui n’est pas à l’aise non plus oralement ou justement à l’acteur qui arrive formidablement bien à retranscrire ce malaise du personnage ? Personnellement je penche pour la deuxième option. 

Image de Ryan Reynolds face à un chien/vampire dans "Blade : Trinity".
Ryan Reynolds face à un chien/vampire

Conclusion : 

Si cinématographiquement parlant, « Blade : Trinity » n’est pas le plus abouti de la trilogie, il n’empêche qu’il est celui qui se rapproche le plus des films de super-héros modernes. En cela, comme le 1eropus de la trilogie, il fait également office de précurseur. De plus contrairement aux deux autres, il possède un casting intéressant, avec notamment un Ryan Reynolds qui jouait pour la première fois dans un film de super-héros, un rôle qui lui a permis de poser les bases pour son futur personnage de Deadpool. 

La trilogie « Blade », moins ancré populairement que la première sur « Spider-Man », a été d’une importance capitale pour poser les bases des films de super-héros moderne. Plus sombre, plus mature, son style la différencie aussi énormément du MCU, beaucoup plus grand public. Une trilogie qui se regarde avec plaisir et avec facilité, une trilogie culte. Les films de super-héros auraient sans doute été bien différents sans la trilogie « Blade ».

Vous pouvez retrouver la critique de « Blade 2 » à ce lien.

Retrouvez la bande-annonce de « Blade : Trinity » ci-dessous.

F.M

Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

2 réflexions sur “Critique Rétro : « Blade : Trinity » de David S.Goeyer

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