Blade 2, image mise en avant

Critique Rétro : « Blade 2 » de Guillermo del Toro

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture ! 

Sorti en 2002, « Blade 2 » est un film réalisé par Guillermo del Toro avec Wesley Snipes, Kris Kristoferson, Leonor Varela, Ron Perlman et Luke Goss. Deux ans après avoir vaincu Deacon Frost, Blade conclut une trêve avec les vampires afin d’éliminer une race supérieure qui s’attaque à eux. Il s’agit des Reapers, une mutation du gène vampire qui résiste à l’argent et à l’ail. Leur chef, Nomak, est bien décidé à anéantir toute la population des vampires, après quoi il s’attaquera aux humains. Blade est engagé pour prendre la tête d’une équipe afin de traquer et tuer Nomak. 

4 ans après le succès du premier opus, « Blade 2 » récidive dans les salles en faisant mieux. Le métrage engrange ainsi 154 millions de dollars dans le monde (131 millions pour le premier). En France, le nombre de spectateur double, passant de 600 milles pour le premier à 1,2 million pour « Blade 2 ». Surtout, il acquiert un peu plus de reconnaissance de la part des professionnels par rapport au premier, puisqu’il est nommé trois fois aux Saturn Awards (l’Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur) avec meilleur film d’horreur, meilleur maquillage et meilleure interprétation d’une créature pour Luke Goss. Il ne remporte toutefois aucun seul prix. Le premier « Blade » est aujourd’hui salué comme un précurseur des films de super-héros au cinéma, le second corrige les faiblesses du premier pour offrir un meilleur spectacle, sous la patte de l’excellent Guillermo del Toro. 

Image de Blade et son équipe de vampires.
La Dream Team

Le style del Toro

Exit Stephen Norrington, bienvenu Guillermo del Toro. À l’époque, le réalisateur n’était pas encore aussi connu et reconnu qu’aujourd’hui. En 2002, il n’avait réalisé que 3 films : « Cronos » (1993), « Mimic » (1997) et « L’Échine du Diable » (2001). « Blade 2 » est donc sa première grosse production, qui va lancer la carrière du réalisateur qui s’occupera ensuite des deux premiers volets de « Hellboy » (2004 et 2008) mais aussi du chef-d’œuvre « Le Labyrinthe de Pan » ( 2006). Le changement de réalisateur est très bénéfique même s’il ne faut pas non plus minimiser le travail de Stephen Norrington qui a su très bien poser les bases de l’ambiance générale de l’univers de Blade. Seulement voilà, on connaît l’aptitude de del Toro à transformer tout ce qu’il change. Par rapport au premier opus, « Blade 2 » gagne considérablement en beauté formelle. Si l’ambiance sombre n’a pas particulièrement changé, del Toro reprenant les bases de Norrington, c’est visuellement que le film franchit un cap. Les scènes d’action sont beaucoup plus réussies, les effets spéciaux plus travaillés, le métrage plus agréable à regarder. La patte de del Toro se fait clairement ressentir, surtout à travers la morsure du Reaper qui voit sa mâchoire complètement se disloquer, ressemblant à une affreuse plante carnivore. Si le film ne fait toujours pas très peur (du moins pas pour un public adulte), le travail sur l’image et les effets spéciaux améliorés le rende forcément plus gore. Globalement, on retrouve les bases cinématographiques du réalisateur mexicain, avec une fascination pour l’horreur, mais aussi quelques points de similitudes physiques entre certains personnages de ses films, comme entre le géant du « Labyrinthe de Pan » et le vampire Litghammer.

« Blade 2 » se distingue de son prédécesseur grâce une atmosphère encore plus surréaliste, encore plus sombre, mais également très belle visuellement. Surtout, c’est le travail sur les scènes d’action qui a considérablement progressé. Elles sont beaucoup plus impressionnantes, plus rapides, plus intenses. Le réalisateur s’inspire beaucoup des mangas et de l’animation japonaise pour les combats. Ainsi, la caméra n’est pas plantée de manière statique avec quelques mouvements, elle virevolte autour des personnages, ce qui accentue l’intensité des combats et permet de mieux mette en valeur les capacités des personnages. Bien sur, tout n’est pas parfait comme en témoigne la scène de combat entre Blade et Nyssa où au moment de retomber sur le sol, on aperçoit beaucoup trop clairement que ce ne sont plus des acteurs, mais des clones numériques. L’image est tellement pixélisée qu’elle est presque floue. Mais pour l’époque (2002) le travail de del Toro autour des combats était presque aussi impressionnant que celui des Wachowski avec la trilogie « Matrix », le Bullet Time en moins. 

Image de Nomak dans "Blade 2" incarné par Luke Goss.
Nomak, le nouvelle antagoniste

La surenchère du scénario

Le premier volet de « Blade » n’était pas vraiment ce que l’on pourrait appeler un scénario profond. Blade voulait juste tuer des vampires et empêcher Deacon Frost de devenir le vampire le plus puissant du monde. Rien de très recherché. « Blade 2 » est du même acabit et n’y va pas par quatre chemins. L’intrigue ne pouvait pas tourner autour de simples vampires comme le premier, il fallait quelque chose de plus fort, d’où la mutation des vampires en Reapers. C’est une surenchère toute bête qui consiste à dire « on va mettre un vampire plus fort que celui du premier ». Évidemment, on ne regarde pas la trilogie « Blade » pour la profondeur ou la complexité de son scénario. Ce qui compte, c’est avant tout l’ambiance, l’action et la qualité visuelle. Toutefois, le scénario très simpliste de « Blade 2 » ne doit pas être vu comme mauvais, au contraire. La production est consciente des limites scénaristiques du film et n’a pas cherché à les combler par des sous-intrigues qui auraient rendu le film lourd. L’intrigue trace son chemin et va droit au but. C’est tout ce qu’on lui demande et c’est tant mieux. 

Un casting moins performant

En ce qui concerne Wesley Snipes, le rôle de Blade lui va toujours comme un gant. Sa prestation dans le premier film était déjà très bonne, celle dans le deuxième l’est tout autant, si ce n’est qu’on sent qu’il a pris encore plus d’assurance dans son rôle. Cela se traduit par une recrudescence de dialogue, par ailleurs plus long, qui donne plus de consistance à son personnage, très discret dans le premier volet. Je trouve d’ailleurs que le personnage de Blade n’est jamais aussi pertinent que lorsqu’il a peu de dialogue. Ses émotions se transmettent dans les combats, et dans la loyauté qu’il a pour ses proches à travers ses actes. Il est obligé de forcer sa nature dans « Blade 2 » car il prend la direction d’une petite équipe. Mais le talent de Wesley Snipes suffit à ce que le personnage reste crédible. 

En revanche, je trouve que le casting global est moins performant. Le film pâti de l’absence de Stephen Dorff qui incarnait Deacon Frost. Il laisse sa place d’antagoniste à Luke Goss qui est clairement moins performant, même si à sa décharge, le rôle de Nomak ne se prête pas vraiment à une performance digne de ce nom. Heureusement, on peut toujours compter sur la présence de Kris Kristofferson dans le rôle de Whistler et surtout, l’arrivée de Ron Perlman (« Sons of Anarchy » ; « Hellboy ») qui est brillamment détestable dans le rôle d’Adolf Reinhardt. 

Image de Blade ( Wesley Snipes) et Adolf Reinhardt ( Ron Perlman)
Reinhardt et Blade

Conclusion : 

En gommant les faiblesses du premier volet tout en gardant cette ambiance sombre qui est l’essence de la trilogie tout en rajoutant le superbe style de Guillermo del Toro à la réalisation, « Blade 2 » s’impose comme l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur film de super-héros dans le genre horreur. Un classique.

Vous pouvez retrouvez la critique du premier « Blade » à ce lien.

Retrouvez la bande-annonce de « Blade 2 » ci-dessous.

F.M

Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

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