King Kong, image mise en avant.

Critique Rétro : « King Kong » de Peter Jackson

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture ! 

Sorti en 2005, « King Kong » est un film réalisé par Peter Jackson avec Naomi Watts, Adrien Brody, Jack Black, Jamie Bell et Thomas Kretschmann. Le métrage est un remake du « King Kong » de 1933. L’intrigue se déroule dans les années 1930 lors de la Grande Dépression. Anne Darrow, une jeune comédienne de vaudeville traverse difficilement la crise. Sa vie va être bouleversée lorsque Carl Denham, un réalisateur sur le déclin lui propose le rôle de sa vie. Elle accepte car le scénario est écrit par un auteur qu’elle admire, Jack Driscoll. Le tournage se déroule sur un bateau qui fait vogue vers une île inconnue  : Skull Island. Sur l’île, Anne se fait capturer par des indigènes qui l’offrent en sacrifice à King Kong. Ce dernier tombe amoureux de la belle et la protègera des nombreux dangers de l’île pendant que l’équipage subit de nombreuses pertes pour essayer de la retrouver. Quant à Carl, il fait tout pour tenter de terminer son film.

En 2005, Peter Jackson sort tout juste de l’énorme succès du « Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi » qui a remporté 11 Oscars. « King Kong » est son premier film après la trilogie. Pour l’occasion, Universal lui offre un budget de 200 millions de dollars pour le métrage. Un budget qu’il parviendra à rentabiliser rapidement. Aux États-Unis, le film rapporte 208 millions pour un total de 562 millions dans le monde. En France, le film attire 3,5 millions de spectateurs. Côté critique, le film reçoit un bon accueil. Ainsi, « King Kong » obtient deux nomination aux Golden Globes et 4 aux Oscars. Il remporte l’Oscar des meilleurs effets visuels, celui du meilleur mixage de son ainsi que celui du meilleur montage. Alors qu’a pensé la Chronique Express du film ? Voici la critique de « King Kong » !

Image de King Kong et de Anne Darrow ( Naomi Watts) au sommet de l'Empire State Building.
Anne Darrow ( Naomi Watts) et King Kong

Un remake très fidèle

Tout d’abord un point sur le scénario. Comme dit dans l’introduction, « King Kong » est remake du film de 1933. Un remake très fidèle. Si la durée du film a presque doublé (3h contre 1h40) la trame est quasiment la même. Elle est structuré sur trois axes : le premier avec la présentation des personnages et le début du tournage sur le bateau, le deuxième sur l’île et le troisième avec King Kong dans les rues de New York. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, King Kong n’est pas une adaptation littéraire. Il s’agit d’un mythe exclusivement cinématographique, inventé par Mercian C.Cooper et Edgar Wallace. 

Peter Jackson reprend à la perfection les symboles du film des années 30 avec tout d’abord, le côté sombre lié à la Grande Dépression. Les États-Unis sont en crise et en proie à un fort désir de colonialisme. À travers la volonté de Carl Dehnam de vouloir absolument terminer le tournage sur Skull Island, on retrouve l’exotisme intéressé et le désir d’aventure dans des contrées inexplorées pour oublier la réalité. Carl est d’ailleurs le miroir même des tourments de l’époque, il cherche à jouer sur les peurs et les désirs des Américains car il sait que cela peut lui rapporter gros.

À sa sortie en 1933, King Kong avait été la cible de critique notamment à cause de la représentation des indigènes, jugés racistes. Si le premier remake en 1976 à tendance effectivement à prendre la culture des indigènes de haut, les qualifiants même de « sauvages », le film de Peter Jackson s’éloigne de cette vision. Contrairement aux deux opus précédents qui les montraient dans un état plus que primitif, Peter Jackson dépeint une véritable civilisation, avec une architecture élaborée. La forteresse qui fait la jonction entre le village des indigènes et la forêt est d’ailleurs décrite comme étant vieille d’une époque inconnue mais malgré tout « aussi solide hier qu’aujourd’hui ». Ils ont également un culte, qu’ils vouent à leurs morts et leurs habitations sont en réalité des catacombes pour rendre hommage à leurs ancêtres. Peter Jackson dépeint donc un peuple très proche de celui des Mayas. Cependant, alors que les films de 1933 et 1976 dépeignaient les indigènes comme plutôt sociable, ils sont ici particulièrement virulents, effrayants, ressemblants presque à des morts-vivants pour certains. Mais cette vision ne doit pas apparaître comme étant dégradante. En effet, cette résistance montre que le peuple de Skull Island résiste à l’envahisseur blanc. Peter Jackson fait une critique du colonialisme. Carl Denham est le cliché de l’Américain colonisateur, il s’approche avec une tablette de chocolat pour la donner à un indigène qui semble affamé. Une erreur qui lui coutera chère. Les colonisateurs sont punis de vouloir en quelque sorte américaniser ce territoire qui ne leur appartient pas. Ils ne parviendront à s’en sortir uniquement que grâce à leur technologie supérieur et les armes à feu. King Kong lui-même est la représentation suprême de cette critique. Chef des indigènes, il est un Dieu maître du domaine de Skull Island. Il ne craint ni les hommes ni les T-Rex. Son arrivée dans les rues de New York est une vengeance et représente la colère pour chaque indigène tué par les colons. Malheureusement, il sera abattu par l’aviation, comme un symbole de la supériorité de la technologie sur la nature, du moins, dans l’esprit de Peter Jackson, une critique de la violence brute du colonialisme.

Image de King Kong dans les rues de New York.
King Kong dans les rues de New York

Pour finir cette partie sur une note un peu plus légère, je suis aussi obligé de parler de la relecture de la « Belle et la Bête » qui est finalement l’intrigue principale. La bête, Kong, vit dans un endroit reculé où personne n’ose se rendre. Il lui suffit d’un regard pour tomber amoureux de la Belle, Anne. Après avoir chuté de l’Empire State Building, Carl dira que la cause de la mort de Kong n’est pas les avions, mais que c’est la « Belle qui a tué la Bête ». En arrivant sur l’île, Anne a attendri le cœur de Kong, qui s’est ensuite démené pour la protéger, ce qui cause sa mort. Mais si l’on oublie deux secondes les codes larmoyants d’Hollywood, ce qui a tué Kong, ce n’est pas son amour pour Anne, mais bien la cupidité des hommes.

Une représentation incroyable de King Kong

Là où le « King Kong » de Peter Jackson est exceptionnel, c’est dans l’utilisation des effets spéciaux. C’est la compagnie du réalisateur Weta Workshop Weta Digital qui s’en est chargé, soit toute l’équipe du « Seigneur des Anneaux ». Ainsi, la numérisation de Kong s’est faite de la même manière que celle de Gollum avec des prothèses et capteur installé sur Andy Serkis afin de capter la démarche d’un véritable primate. Serkis, expert de ce procédé (Gollum, King Kong, César dans « La Planète des Singes »), s’est d’ailleurs considérablement investi pour ce rôle puisqu’il s’est rendu au Rwanda afin d’être au plus près des véritables gorilles des montagnes afin que la reproduction de Kong soit la plus fidèle. Le résultat est au rendez-vous avec une numérisation incroyable et un naturel presque troublant. Pour preuve, ce n’est pas tous les jours qu’un personnage entièrement crée numériquement peut nous arracher une larme. 

SI « King Kong » a obtenu l’Oscar des meilleurs effets visuels, ce n’est pas simplement pour la numérisation de Kong. C’est aussi avec la représentation de toute la faune de Skull Island, des dinosaures jusqu’aux divers insectes et créatures arachnides qui font froid dans le dos. Petit bémol néanmoins, je trouve les dinosaures un peu moins réaliste que dans « Jurassic Park ». Les T-Rex sont visuellement moins bien réussis, en particulier leurs cris, tandis que les vélociraptors que l’on aperçoit brièvement ne sont pas décrits comme les redoutables chasseurs de la saga de Steven Spielberg.

Un trio qui porte le film

Pour finir comment ne pas dire un mot sur le formidable trio formé par Naomi Watts, Adrien Brody et Jack Black. L’actrice parvient à ne pas être un cliché de la poupée blonde au contraire de celle qui est présentée dans la pièce que met en scène Carl à New York pour présenter Kong. Loin d’être naïve, elle apporte une touche de sensibilité, d’émotion et d’humour. Son duo avec Kong est particulièrement efficace, au point que l’on se demande si le gorille géant n’est pas réel. J’ai coutume de dire que lorsque l’on arrive à détester un personnage, c’est que l’acteur à bien fait son boulot. C’est le cas de Jack Black. Habitué des rôles humoristiques un peu lourd, l’acteur délivre une très bonne performance dans le rôle de Carl Denham. Au vu de son interprétation je suis curieux de savoir pourquoi il n’interprète pas plus souvent ce genre de personnage. Pour finir, un mot sur Adrien Brody. Je trouve l’acteur un peu en retrait par rapport aux deux autres, même s’il complète très bien le trio. Son talent fait qu’il arrive à rendre crédible le personnage de Jack Driscoll, mais qu’on se le dise, ses qualités d’acteurs ressortent beaucoup plus dans des rôles plus profonds.

Image de Anne Darrow ( Naomi Watts), Jack Driscoll ( Adrien Brody) et Carl Denham ( Jack Black).
Le trio central du film

Conclusion :

Après s’être attaqué à un monument de la littérature avec Tolkien, Peter Jackson récidive avec un monument du cinéma : King Kong. Le résultat est brillant avec un film que petit et grand, cinéphile ou pas, apprécieront. Si le côté hollywoodien pourra en déranger certain, la magnificence des effets spéciaux fait contrebalance. Un spectacle total.

Retrouvez la bande-annonce du film ci-dessous :

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film? Dites-le nous dans les commentaires !

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