Le plus beau des combats image mise en avant

Critique Rétro : « Le plus beau des combats » de Boaz Yakin

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture ! 

Sorti en 2000, « Le plus beau des combats » est un film réalisé par Boaz Yakin avec Denzel Washington, Will Patton, Wood Harris, Ryan Hurst, Ryan Gosling et Hayden Pannettiere. En 1971, en Virginie, des étudiants noirs sont intégrés au T.C Williams High School dans le cadre de l’intégration. À la suite de cette décision, le coach Boone un Afro-Américain, devient l’entraineur principal de l’équipe de football et remplace Bill Yoast. L’intégration dans le lycée provoque des tensions raciales dans la communauté. Cependant, l’équipe de football parvient à surmonter ses difficultés grâce aux efforts d’Herman Boone. L’équipe devient ainsi un exemple pour toute la communauté.

Avec un budget de 30 millions de dollars, le film est plutôt rentable puisqu’il engrenage 115 millions de dollars de recettes au box-office américain. Cependant, le succès est très faible à l’international avec seulement 21 millions de dollars. En France, le film ne dépasse pas les 300 000 entrées. Si le film n’est pas nommé pour une distinction particulière, il n’empêche qu’il est aujourd’hui rentré dans la culture populaire comme un des meilleurs « films de sport ». Surtout, il est aujourd’hui devenu un véritable outil de formation. En effet, aux États-Unis, le métrage est conseillé et utilisé pour la formation à la sociologie ou à la gestion de l’éducation. Il permet en effet d’illustrer les interactions humaines dans une situation de crise. 

Un message fort

« Le plus beau des combats » n’est pas un simple film sur le sport. Il met en valeur des questions sociétales qui sont encore sensibles aujourd’hui aux États-Unis, à savoir, l’intégration des Afro-Américains. Ici, l’intrigue reprend une histoire vraie qui s’est déroulée dans les années 70 en Virginie. Gregory Allen Howard, qui a écrit le script du film, s’était en effet aperçu que la population  afro-américaine de la ville d’Alexandria en Virginie s’était particulièrement bien intégrée. Il a voulu savoir pourquoi et on lui a alors raconté l’histoire de l’équipe de Football des Titans. Le film retranscrit les valeurs qu’a inculquées le coach Herman Boone à ses joueurs, le respect, et l’esprit d’équipe. Gregory Allen Howard déclare que « Hermann a dit à ses enfants qu’ils n’avaient pas à s’aimer les uns les autres ou mêmes à s’apprécier, mais ils devaient se respecter mutuellement ». Une phrase que l’on retrouve dans le film lorsque le coach Boone s’adresse à son équipe. Lors d’un stage d’avant-saison, il va réussir à cimenter la cohésion de ses joueurs, faisant littéralement s’effondrer toutes les barrières ethniques. En revenant à Alexandria, les joueurs doivent de nouveau faire face à la réalité : si leur équipe est soudée et unie, ce n’est pas le cas de la communauté de la ville. 

C’est alors que les Titans vont souder la ville autour d’eux, à travers les joueurs, mais aussi les deux entraineurs, le coach Boone et le coach Yoast qui ont mis de côté leurs différents et ont appris à se respecter et sont même devenus amis. La ville d’Alexandria va s’unir autour de la saison parfaite des Titans, permettant de considérablement faciliter l’intégration des Afro-Américains. Un nouvel exemple qui démontre que le sport possède une faculté sans égal à unir une population, un peuple, parfois même un pays derrière une équipe, permettant de mettre complètement de côté les tensions diverses qu’il peut y avoir.

On peut tout de même émettre quelques réserves sur les méthodes du coach Boone qui sont quasi militaires. L’intrigue rappelle d’ailleurs sur ce point « Coach Carter » avec Samuel L.Jackson qui reprenait une équipe de basket-ball à la dérive. Si le thème de l’intégration n’était pas présent, puisque l’intrigue était plutôt axée sur les failles de l’éducation nationale, dans les deux films les jeunes ont une éducation militaire par le sport. Ils sont unis dans la souffrance et parviennent alors à surpasser leurs différences et/ou leurs difficultés. Il est tout de même assez triste qu’il soit nécessaire de passer par de tels extrêmes pour faire passer un message d’égalité qui devrait être une norme universelle.

Julius et Gerry

Un peu trop lisse ?  

Si le métrage se veut rassembleur, on voit un peu trop où il veut en venir. La trame prend des allures de film hollywoodien dont la recette est (trop) connue. S’il s’agit d’une adaptation d’une histoire vraie, tout est trop parfait, trop grandiloquent, ce qui donne en plus lieu à quelques clichés. On sent bien qu’il y a eu des changements par rapport à l’histoire véritable. Ainsi, au moment de l’arrivée du coach Boone dans le lycée T.C Williams, l’établissement était en fait déjà un lycée d’intégration depuis 1965. La fille du Coach Yoast, Sheryl, fan de football dans le film et qui apporte une touche d’humour et de dramaturgie n’était en réalité pas du tout une fan du sport. Des détails qui permettent que le film soit plus attrayant, mais qui le rendent aussi un peu trop lisse. Seul l’accident tragique de Gerry donne un peu d’épaisseur et complexifie l’intrigue, donnant un peu plus de profondeur à la psychologie de son personnage mais aussi celui de son ami Julius. 

Globalement, le film est légèrement trop idéaliste, on a même l’impression que l’équipe des Titans est parvenue à vaincre le racisme ! Alors ce n’est pas totalement faux, puisque dans le microcosme de la ville d’Alexandria, cette histoire s’est vraiment déroulée, mais ce trop-plein de bonnes intentions dénote beaucoup trop par rapport à la vérité du monde. Cependant, la réalisation réussit plutôt bien son travail car on est rapidement pris dans ce tourbillon d’émotions positives. À noter aussi la très bonne bande-originale du film de sélectionné par Trevor Rabin qui est parfaitement en phase avec l’époque et l’action. 

Un casing efficace

Avant la conclusion, impossible de ne pas dire un mot sur le casting. La qualité du métrage est considérablement élevée par un Denzel Washington impeccable, à fond dans son rôle, et qui se transforme littéralement dans la peau de son personnage. J’aime beaucoup l’envergure qu’il donne à la relation avec le coach Yoast lui aussi parfaitement joué par Will Patton. Une amitié qui en appelle une autre avec celle de Julius et de Gerry incarné par Wood Harris et Ryan Hurst, deux acteurs méconnus qui sur ce film sont très efficaces. Enfin, « Le plus beau des combats » rassemble également en 2000 espoirs du cinéma, Ryan Gosling et Hayden Pannetiere. Il s’agit tout simplement du premier vrai rôle de l’acteur qui délivre une performance assez anecdotique bien que légèrement amusante contrairement à Hayden Pannetiere qui n’avait que 11 ans à l’époque mais qui est certainement le personnage le plus original du film et ce malgré que son amour du football américain ait été complètement inventé pour la trame de l’histoire.

Denzel Washington et Will Patton dans les rôles du coach Yoast et Boone
Le coach Yoast et le coach Boone

Conclusion :

Pour son message et son casting efficace, « Le plus beau des combats » mérite d’être vu. Si la recette hollywoodienne le rend un peu trop mélodramatique, on est rapidement pris dans une intrigue émouvante portée par un Denzel Washington impeccable.

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

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