Image mise en avant de Jurassic Park

Critique Rétro : « Jurassic Park » de Steven Spielberg

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture ! Aujourd’hui c’est « Jurassic Park » !

Sorti en 1993, « Jurassic Park » est un film réalisé par Steven Spielberg avec Sam Neil, Laura Dern, Jeff Goldblum, Richard Attenborough, Wayne Knight, Samuel L.Jackson et B.D Wong. John Parker Hammond, P.D.G de la compagnie InGen parvient à redonner la vie à des dinosaures grâce à de l’A.D.N trouvé sur des moustiques. Il souhaite ouvrir un parc d’attractions où le monde entier pourrait venir voir les dinosaures. Cependant, un accident avec les vélociraptors entraîne la mort d’un ouvrier. Les actionnaires de InGen demandent alors l’aide du Professeur Alan Grant, afin de rendre un rapport sur les conditions de sécurité du parc. Cependant, Dennis Nedry, un ingénieur du parc, collabore avec la concurrence et vole des embryons de dinosaures. Il en profite pour couper les systèmes de sécurité du parc, libérant les dinosaures des enclos. S’ensuit une partie de chasse pour échapper au T-Rex dans un premier temps, puis aux redoutables vélociraptors. 

C’est un euphémisme de dire que « Jurassic Park », le premier tout du moins, a marqué l’histoire du cinéma. Au box-office tout d’abord, le long-métrage a été le plus grand succès de l’histoire du cinéma de 1993 à 1998 (il sera dépassé par « Titanic »). Il est le premier film a dépasser les 900 millions de dollars de recette (914 millions exactement). En France, il attire plus de 6 millions de spectateurs. Avec ses diverses ressorties, le métrage a désormais dépassé le milliard de dollars de recette. Les critiques sont mitigés à sa sortie, si les effets spéciaux sont unanimement salués, les différences avec le roman de Michael Crichton sont pointées du doigt. Cela n’empêche pas « Jurassic Park » d’obtenir 3 Oscars en 1994 (meilleur mixage de son, meilleur montage de son et meilleurs effets visuels) mais aussi 4 Saturns Awards (meilleur film de science-fiction, meilleur réalisateur pour Steven Spielberg, meilleur scénario et meilleurs effets visuels).

Un conte traumatisant

Il y a des sagas légendaires, de celles que tout le monde connaît, de celles que tout le monde cite. Il y a des musiques iconiques, en l’occurrence ici la superbe bande-son composée par John Williams, qui est à ranger parmi les plus légendaires de celles du cinéma. Certes, les différents opus de la saga « Jurassic Park » ne se valent pas, sans parler des derniers « Jurassic World » qui sont très mitigés. En revanche, s’il y en a un qui fait l’unanimité, c’est bien le tout premier volet.

Pourquoi « Jurassic Park » a si bien marché ? Tout d’abord car il s’agit d’un thème qui plaît au grand public : les dinosaures. La perspective de voir ses derniers sur grand écran, avec des effets spéciaux au rendez-vous, est toujours une assurance d’attirer un bon nombre de spectateurs. Des effets spéciaux qui sont redoutablement bien faits, surtout en 1993. Il n’y a qu’à demander aux enfants, jeunes enfants et jeunes adultes de l’époque à quel point le film a pu les marquer. Certains ne se sont toujours pas remis de cet émerveillement traumatique. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Tout comme les personnages du métrage, on est émerveillé comme des enfants devant la réapparition des dinosaures, avant d’être subitement traumatisé lorsqu’ils attaquent une fois que le système de sécurité est tombé en panne. Les dinosaures ne sont pas montré dans un premier temps comme des monstres, mais comme une attraction, ce qui différencie d’emblée « Jurassic Park » des films d’épouvante. D’ailleurs, le gore est complètement absent du film. Tout est sous-entendu et pourrait se résumer en quelques mots, ceux de Tim qui déclare « Tout ce sang… » lorsqu’un T-Rex dévore ses proies, sans que l’on voie la scène. Cela permet de conserver la fascination que l’on a pour eux, une fascination scientifique pour Alan Grant et Ellie Sattler, naturel pour Ian Malcolm et personnel pour John Hammond. Finalement, cette expérience avec les dinosaures va complètement dégénérer, prenant la forme d’un conte beaucoup trop traumatisant. Le temps de l’enfance est terminé, il est temps de devenir un adulte. 

Le passage à la maturité

Comme souvent dans la filmographie de Spielberg, surtout dans les années 90, on retrouve sous-jacent à l’intrigue principale la thématique de l’évanouissement du merveilleux. C’est ce que vont apprendre les deux petits-enfants de John Hammond. Au conte de fées qu’ils vivaient succède un cauchemar. L’attaque des dinosaures est un symbole réaliste, qui représente la dure réalité de la vie. Une thématique que l’on peut aussi appliquer au personnage d’Alan Grant. L’archéologue a voué sa vie à la recherche sur les dinosaures sans considérer la sienne, un peu comme un enfant à la poursuite de ses rêves. C’est certainement la raison pour laquelle il déteste ceux-ci au début du film. Le fait de devoir protéger Tim et Lex va changer sa vision des choses, et le faire lui aussi grandir.

Un casting un peu trop gentil ?

Évidemment, si j’avais écrit cette critique en 1993, j’aurais sans doute eu un discours différent. Mais avec la multiplication des films de science-fiction, fantastique et ceux tirés de comics, on a pris l’habitude de voir des antagonistes, et même des héros avec plus de profondeur que ceux de « Jurassic Park ». Au début du métrage, Alan Grant fait figure d’archéologue jusqu’au-boutiste, seulement intéressé par son travail, et un tantinet marginal, mais l’illusion ne dure pas longtemps et il devient vite le héros sauveur classique. L’avocat Donald Gennaro est le cliché type de celui qui ne s’intéresse qu’au bénéfice que peut engendrer le parc et karma oblige, c’est aussi le premier à se faire dévorer. Le garde-chasse Robert Muldoon, qui préconise souvent des solutions drastiques pour tuer les dinosaures qu’il considère comme des simples animaux survit jusqu’à la fin, mais finit par se faire tuer par des véolciraptors, les chasseurs ultimes. Dennis Nedry, seul véritable antagoniste du film est présenté comme un geek en manque de reconnaissance, qui pactise avec la concurrence pour finalement se faire tuer par un petit dinosaure, histoire de mieux montrer la faiblesse et dévaloriser un peu plus le personnage. Finalement, seul le personnage de Ian Malcolm se démarque par ses prises de positions, son excentricité, et sa proportion assez ridicule à dévoiler son corps (l’acteur Jeff Goldblum a souvent tendance à montrer son torse dans ses films).

Cependant, si les personnages ne sont pas forcément très bien écrits, cela n’enlève rien à la prestation du casting. Sam Neil incarne parfaitement ce sauveur bourru tout comme Dennis Nedry est parfaitement à l’aise dans le rôle du geek lâche. J’aime aussi beaucoup la performance de Laura Dern et tout particulièrement celle de Samuel L.Jackson qui arrive toujours à absorber tous les regards dans ses seconds rôles. A cela on peut rajouter celle de Jeff Goldblum qui hausse considérablement le niveau.

Conclusion :

« Jurassic Park » est loin d’être le meilleur film, cinématographiquement parlant, de Steven Spielberg. Au niveau de l’écriture, on passera sur le scénario qui fera certainement hurler les puristes et les scientifiques (de l’A.D.N de dinosaure conservé dans un moustique millénaire, lui-même conserver dans la sève d’un arbre) pour apprécier sa simplicité assez efficace. Quoi qu’il en soit, « Jurassic Park » demeure le plus gros succès commercial du réalisateur, et il devrait rester à jamais comme un des films les plus populaires, si ce n’est le plus populaire de sa filmographie, et plus largement, du septième art. Il s’agit tout de même du meilleur volet d’une des sagas les plus légendaires de l’histoire du cinéma. Ce n’est pas rien. Par la qualité de ses effets spéciaux et sa proportion à être un conte traumatisant, « Jurassic Park » est un classique, à ranger tout en haut des films du même genre. 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

3 réflexions sur “Critique Rétro : « Jurassic Park » de Steven Spielberg

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