Critique Rétro : « Neverland » de Marc Forster

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture ! Aujourd’hui c’est « Neverland » !

Sorti en 2004, « Neverland’ est un film réalisé par Marc Forster avec Johnny Depp, Kate Winslet, Dustin Hoffman, Freddie Highmore et Radha Mitchell. Le long-métrage est librement inspiré de la vie de James M.Barrie, célèbre pour avoir inventé le personnage de Peter Pan. Dans le film, James cherche à donner un nouvel élan à sa carrière de dramaturge qui bat de l’aile. Il va alors faire la rencontre de la famille Davies, de Mme Llewelyn Davies et ses quatre fils, qui vont le bouleverser dans ses convictions, mais aussi lui inspirer l’histoire de Peter Pan et du Neverland. Auprès d’eux, James retrouve son âme d’enfant. Cependant, la stabilité de la famille ne tient qu’à un fil et est mise à mal lorsque Mme Davies tombe gravement malade. 

Aujourd’hui, « Neverland » est connu pour une scène iconique entre Johnny Depp et Freddie Highmore. Les deux sont assis sur un banc, le jeune garçon attristé par la mort de sa mère, et Johnny Depp qui tente de le réconforter en lui disant qu’il pourra à jamais la trouver dans le Neverland. La scène a été détournée un bon nombre de fois sur les réseaux sociaux avec un nombre incalculable de memes (terme anglais qui signifie « imitation »). En ce qui concerne le cinéma, « Neverland » a été particulièrement rentable. Le film a couté 25 millions de dollars et aura rapporté 115 millions dans le monde. Toutefois, en France, le film est un flop puisqu’il ne rassemble même pas 300 000 spectateurs. Pourtant, c’est un grand succès critique. Le long-métrage reçoit 6 nominations aux Oscars, 5 aux Golden Globes et 11 aux British Academy Film Awards. Le film ne remporte malgré tout qu’une seule récompense, celle de la meilleure musique de film aux Oscars

Une ode à l’enfance

« Neverland » raconte l’histoire de la création de Peter Pan à travers celle de son auteur, James M.Barrie (Johnny Depp). L’intrigue met en scène un personnage qui voit sa carrière et sa vie de couple à l’arrêt. Sa dernière pièce de théâtre est un flop, tandis que chez lui, il laisse complètement de côté sa femme pour écrire puis rester en compagnie de la famille Davies. «Neverland », c’est l’histoire d’un homme qui est embourbé dans une vie d’adulte mondaine qu’il ne supporte plus, avec des petites soirées, des diners, des moqueries, des rumeurs… Le film est une critique de cette société qui ne sait pas se laisser aller, qui ne sait pas s’amuser et profiter des choses simples, qui fait passer les bonnes manières et la bienséance avant toute chose. La discipline ennuyeuse de cette société contraste avec l’innocence de l’enfance. James M.Barrie veut retrouver son âme d’enfant, ce qu’il parviendra à faire après sa rencontre avec les Davies. 

Paradoxalement, alors que James souhaite retrouver un esprit enfantin, les enfants Davies eux, font preuve d’une maturité incroyable pour leur âge, en particulier George (Nick Roud) et Peter (Freddie Highmore). Le premier, l’aîné de la fratrie, prend les choses en main lorsque sa mère tombe malade, tandis que le second, qui voit bien qu’on lui ment en prétendant que sa mère va bien, en «  a marre des mensonges des adultes ». De la bouche même de James, il souhaite devenir grand car pour lui « un adulte souffre moins ». L’adulte veut redevenir enfant, et l’enfant, à cause de la maladie de sa mère, grandit plus vite que la normale.

« Neverland » est une ode à l’enfance, ou du moins, à l’esprit enfantin. Ne dit-on pas « qu’être un homme c’est savoir garder une part d’enfant ? ». C’est en tout cas ce que nous dit Mrs. Snow (Eileen Essell), une spectatrice assidue des oeuvres de James, après la représentation de Peter Pan au théâtre. Alors que son mari vient de mourir de vieillesse, elle déclare à James que son époux aurait adoré la pièce car il a toujours su garder une part d’enfant en lui. James se retrouve en Peter Davies, raison pour laquelle il décide de nommer Peter Pan ainsi. Mais alors qu’on pourrait croire que Peter Pan s’inspire de Peter Davies, il n’en est rien. Ce dernier souhaite justement grandir afin qu’on le traite comme un adulte. C’est plutôt James qui est en fait Peter Pan. Une inversion que Peter Davies fait judicieusement remarqué après la représentation de la pièce. Alors que les invités lui font remarquer que c’est lui Peter Pan, il répond en désignant James «  Non, c’est lui Peter Pan ». 

Le rapport au temps

« Neverland » c’est aussi un rapport constant au temps. Ce n’est pas pour rien que le fameux crocodile dans Peter Pan a avalé une horloge. La véritable menace, ce n’est pas le crocodile, mais le temps qui engloutit tout. « Le temps nous court tous après » déclare Mrs. Snow. Il court après James, qui s’évertue tant bien que mal à le contrarier en s’amusant comme un enfant, il fait grandir la fratrie Davies, et emporte Mme. Davies ( Kate Winslet) qui succombe à la maladie. Dans un état trop grave, elle ne peut voir la pièce. C’est la raison pour laquelle James fait une représentation privée dans la maison des Davies. Mme. Davies a toujours voulu aller dans le « Neverland ». Comme un symbole, alors que la pièce dévoile à quoi ressemble ce monde, elle s’y engouffre pour ne jamais y ressortir dans une scène profondément émouvante. En effet, le plan suivant est son enterrement. Elle n’aura jamais vu ses enfants grandir, elle gardera à jamais cette image d’eux heureux et innocents. 

Conclusion :

Un Johnny Depp d’exception dans un drame comme il n’en fait plus. L’acteur gagnerait tellement à rejouer dans ce type de film… Son talent explose au grand jour, dans un jeu d’acteur qu’on n’a plus l’habitude de le voir faire, trop enfermé dans des rôles un peu fous, comme celui de Jack Sparrow. Kate Winslet est redoutablement touchante, tout comme le jeune Freddie Highmore qui verra sans doute ce rôle lui coller à la peau jusqu’à la fin de sa carrière. « Neverland » est un film qui donne envie de redevenir enfant, qui place l’imaginaire au centre de toute chose, pouvant tout accomplir. Après tout, « Il suffit d’y croire ».

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans la bande-annonce !

2 réflexions sur “Critique Rétro : « Neverland » de Marc Forster

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