Critique Rétro : « Les Évadés » de Frank Darabont

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture !

Sorti en 1994, « Les Évadés » est un film réalisé par Frank Darabont avec Morgan Freeman, Tim Robins, Bob Gunton, Clancy Brown, William Sadler et James Withmore. L’intrigue retrace l’histoire d’Andy Dufresne, un jeune banquier, condamné deux fois à vie suite au meurtre de sa femme et de son amant. Le souci, c’est qu’Andy est innocent. Il est emprisonné à Shawshank, le pénitencier le plus sévère de l’État du Maine. Dans la prison, il rencontre Red, détenu depuis 20 ans. Une grande histoire d’amitié va naître.

« Les Évadés » est l’exemple même du type du film qui a été un échec commercial, mais qui a rencontré un grand succès critique. Avec les années, il s’est imposé comme un classique de la pop-culture. À sa sortie, il n’engrange que 28 millions de dollars aux États-Unis, pour 59 millions dans le monde. En France, il n’attire que 219 milles spectateurs. Malgré cet échec, il est quasiment unanimement salué par la critique. Il reçoit 7 nominations aux Oscars, il n’en remporte cependant aucune. Morgan Freeman reçoit cependant le Golden Globes du meilleur acteur et le film remporte le Golden Globes du meilleur scénario. En 2015, le film est sélectionné par la Bibliothèque du Congrès du Sénat américain pour entrer au National Film Registry en tant que métrage « culturellement, historiquement, ou esthétiquement important ». Il est également dans le top 100 des meilleurs films de tous les temps selon l’American Film Institute et est cité dans le livre « 1001 films à voir avant de mourir ». 

Quand les murs de la prison deviennent la maison

Le titre est trompeur, « Les Évadés » n’est pas un film à la « Prison Break » ou « Midnight Express ». Certes, il se déroule dans une prison, et certes, Andy Dufresne va finir par s’évader. Mais l’histoire ne se concentre pas sur cette évasion. C’est avant tout une histoire d’amitié entre Andy et Red. Les deux apprennent à se connaître à mesure qu’Andy s’acclimate à la prison. Son côté nonchalant, comme si rien ne l’atteignait plaît énormément à Red. Andy souhaite être une personne normale dans le pénitencier. Il ne supporte pas de ne rien faire. Il obtient des gardiens des bières pendant le travail en échange de conseil financier (c’est un ancien banquier). Puis, il crée une bibliothèque dans la prison, et aide les jeunes détenues à passer le BAC. De quoi faire en sorte d’être apprécié de tous. 

Finalement, le titre du métrage peut être vu d’une autre façon. L’évasion concerne-t-elle vraiment celle de la prison ? Car le film pose surtout la question de la difficulté de la réhabilitation et de la réinsertion. Le personnage de Brooks le symbolise parfaitement. Prisonnier depuis 50 ans, ce dernier obtient une libération conditionnelle. Cependant, il ne souhaite pas quitter la prison. Les murs du pénitencier sont devenus sa « maison ». Brooks est « institutionnalisé » comme le dit Red. Lorsque l’on atteint cet état, le monde extérieur devient hostile et la prison un lieu de refuge. Dans la prison, il avait un statut, dehors il n’a plus rien, il n’est plus « qu’un vieux tolard« . Cette vie, Brooks ne la supporte pas, il finira par se suicider. Le titre fait-il donc vraiment référence l’évasion de prison, ou avant tout à une évasion psychologique, au pouvoir de sortir ou non de cette institutionnalisation dont parlait Red.

Un duo formidable

« Les Évadés » est avant tout marqué par la prestation incroyable de Morgan Freeman ( son talent de narration est franchement bluffant) et Tim Robins. Le premier, dans un rôle de détenu désabusé et le second dans celui d’un détenu serviable, peut-être le seul de la prison à avoir de l’espoir pour le futur. Les deux acteurs incarnent à la perfection des personnages meurtris et arrivent à créer une connexion puissante entre eux. Tim Robins en particulier est tout à fait remarquable. Il fait tout d’abord preuve d’un sang-froid considérable, d’une absence d’émotion qui colle parfaitement avec son personnage. Sa rencontre avec Red le débride. C’est grâce à cette amitié que Red parvient à ne pas être totalement désabusé, surtout après l’évasion d’Andy. Alors qu’il s’était vu refuser, jusque-là ses demandes de libération conditionnelles, son abattement séduit paradoxalement les juges qui finissent par le libérer. Il finit par retrouver Andy à la fin du film dans une scène incroyablement émouvante. Le symbole de la relation entre les deux se fait certainement à travers le monologue de Red à la fin du métrage. Il déclare « J’espère que j’arriverai à passer la frontière, j’espère que je verrai mon ami et pourrai lui serrer la main. J’espère que le Pacifique est aussi bleu que dans mes rêves. J’espère. » L’anaphore avec le mot « J’espère » n’est pas anecdotique. Elle montre que Red, qui était complètement désabusé en prison, a retrouvé l’espoir grâce à Andy. 

Conclusion :

Plus qu’un thriller, « Les Évadés » est un drame psychologique mettant en scène des prisonniers meurtris. Ils n’arrivent pas à envisager le moindre avenir avant l’arrivée d’Andy. Si la réalisation peut paraître lente, c’est en fait un style qui convient parfaitement au métrage. Il permet de mieux mettre en avant le fatalisme qui s’y dégage. La thématique de la réinsertion et de l’espoir porté magnifiquement par Tim Robins et Morgan Freeman range le long-métrage de Frank Darabont parmi les classiques du genre. 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

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