Critique Rétro : « Le Magicien d’Oz » de Victor Fleming

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture !

Sorti en 1939, « Le Magicien d’Oz » est un film réalisé par Victor Fleming avec Judy Garland, Ray Bolger, Berth Lahr, Jack Haley, Frank Morgan, Billie Burke, Margaret Hamilton et Clara Blandick. Le long-métrage est adapté du roman éponyme de L.Frank Baum. L’histoire est centrée sur Dorothy Gale, une orpheline qui souhaite s’échapper de son quotidien. Lors d’une tempête, elle se réfugie dans sa chambre mais sa maison est emportée par le cyclone jusqu’au royaume d’Oz. Pour rentrer chez elle, elle doit rencontrer le fameux magicien d’Oz à Emerald City. Lui seul a le pouvoir de la renvoyer vers le Kansas. Pendant son voyage, elle rencontre divers personnages qui vont l’aider dans sa quête : l’Épouvantail, l’Homme de fer-blanc et le Lion peureux. Le petit groupe devra notamment affronter la méchante sorcière de l’ouest, qui souhaite récupérer les chaussures rouges de Dorothy qui appartenaient à la méchante sorcière de l’est, et qui contiennent un fabuleux pouvoir. 

Difficile de traduire le résultat au box-office du « Magicien d’Oz », surtout que les différentes sources ne donnent pas les mêmes chiffres. Selon, jpbox-office, le film aurait rapporté 3 millions de dollars lors de sa sortie en salle et 139 millions de dollars si l’on compte les ventes et les locations de DVD. Wikipédia donne une recette de 16 millions de dollars pour le box-office mondial, tandis que d’autres sources donnent plutôt 26 millions. En France, c’est plus de 700 000 spectateurs qui se seraient rendus dans les salles obscures pour voir le film. En ce qui concerne la recette mondiale, il faut de toute façon relativiser les chiffres puisque le prix d’une place de cinéma était extrêmement faible à l’époque. Le film a en tout cas considérablement marqué son époque. En 1940, il remporte l’Oscar de la meilleure chanson originale pour « Over the Rainbow », et celui de la meilleure musique de film. La Bibliothèque du Congrès américain le considère comme le film le plus vu de tous les temps. « Over the Rainbow » est considéré comme la plus grande chanson du cinéma américain de tous les temps. Il s’agit de l’une des plus grandes références culturelles de l’histoire du cinéma.  Bref, « Le Magicien d’Oz » est un monument du septième art. 

Un grand voyage initiatique

En 1939, au moment de la sortie du film, la seconde guerre mondiale est sur le point d’être déclarée (le film sort aux Etats-Unis le 25 aout, la guerre est déclarée le 1er septembre). Le film peut-être vu comme allégorie de la guerre. Les deux antagonistes du film sont les sorcières de l’est et de l’ouest, une référence directe aux affrontements des deux blocs. Si la sorcière de l’est meurt dès le début du film, celle de l’ouest sera l’antagoniste principal du métrage. Au milieu de tout cela, Dorothy tente de se frayer un chemin dans le pays d’Oz afin de pouvoir rentrer au Kansas. Si pour l’époque l’analogie semble évidente, il ne faut pas oublier en revanche que le roman de L.Frank Baum sort lui en 1900, avant les deux guerres mondiales. En fait, l’allégorie de l’écrivain était plus propre à la grande dépression aux Etats-Unis. La sorcière de l’ouest représente William McKinley, le président des USA de l’époque, et celle de l’est Grover Cleveland le président démocrate jusqu’en 1896. 

Au-delà de l’allégorie du métrage, « Le Magicien d’Oz » fait partie des grands voyages initiatiques de la culture populaire. Dorothy est une adolescente qui vit dans une ferme du Kansas. Comme tous les héros, l’appel de l’aventure est plus fort que tout. Elle se retrouve donc dans le pays d’Oz où elle doit effectuer un voyage jusqu’à Emerald City afin de rencontrer le magicien d’Oz pour la ramener chez elle. En route elle croisera la route de plusieurs compagnons pour l’aider. Chacun d’eux souhaite acquérir quelque chose : l’Épouvantail veut avoir un cerveau, l’Homme de fer un cœur, et le Lion peureux du courage. Trois éléments que Dorothy incarne parfaitement. En chemin, elle apprendra à faire confiance et à aimer ses compagnons, qui sont l’incarnations de ses proches (l’Épouvantail est Hunk, l’Homme de fer est Hickory et le Lion peureux est Zeke). Pour Dorothy, son voyage initiatique au sein du monde fantastique d’Oz, lui sert à comprendre que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. Il y aussi un ressort psychologique. Si les plus rêveurs diront que le monde d’Oz existe, les plus réalistes affirmeront que c’est grâce au rêve qu’elle fait et à l’histoire imaginée par son subconscient que Dorothy se rend compte de l’importance de ses proches. Une belle ironie du sort puisqu’elle était jusque là présentée comme une rêveuse qui souhaitait s’évader de son quotidien. « There’s no place like home ».

Une référence technique

Si le métrage est sorti en 1939, cela ne l’empêche pas d’être une référence, y compris d’un point du vu technique. Arnold Gillespie, en charge des effets spéciaux, doit en effet concevoir plusieurs trucages qui n’ont encore jamais été faits à l’époque, comme lorsque la tornade emporte la maison ou lorsque la sorcière de l’ouest se met à fondre. En ce qui concerne la tornade, pour donner l’illusion qu’elle emporte la maison, Gillespie filme au ralenti une réplique miniature de celle-ci, et la fait tomber du haut du plateau sur le sol peint pour imiter le ciel du Kansas. Ensuite, il projette le film à l’envers pour donner l’impression que la maison tombe vers la caméra. Le film surprend également par ses couleurs assez inédites pour l’époque qui sont possible grâce à la Technicolors. Si « Le Magicien d’Oz » n’est pas le premier film à adopter cette technique (il s’agit de « Becky Sharp » en 1935), il a largement participé à la populariser. 

À noter que le réalisateur, Victor Fleming, réussit l’exploit de sortir la même année « Autant en emporte le vent », un autre mastodonte du cinéma. 

Conclusion :

« Le Magicien d’Oz » est un conte enchanteur qui peut émerveiller n’importe quel public. Il fait exploser au grand jour le talent de Judy Garland et donne au cinéma une de ses chansons les plus iconiques si ce n’est la plus iconique de tous les temps. Il s’agit là d’une des plus grandes références culturelles des Etats-Unis et dans le monde. Un monument de la culture-populaire et un des films les plus légendaires de l’histoire du cinéma

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

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