Critique Rétro : « Batman : le défi », de Tim Burton

Sorti en 1992, « Batman : le défi » ou « Batman Returns » est un film réalisé par Tim Burton avec Michael Keaton, Michelle Pfeiffer, Christopher Walken, Danny DeVito et Michael Gough. Le long-métrage est la suite directe de « Batman » sorti en 1989. Après s’être débarrassé du Joker, l’homme chauve-souris doit affronter le redoutable Pingouin qui dirige le Gang du Cirque du Triangle Rouge. Pour se faire accepter de la population de Gotham, le Pingouin pactise avec l’homme d’affaires véreux Max Shreck afin de devenir maire. Le film introduit également le personnage de Catwoman.

Après le bon succès du premier volet, Tim Burton veut logiquement faire une suite. Malheureusement, le public apprécie beaucoup moins ce second opus. En France, il n’attire que 1,2 million de spectateurs, et ne rapporte « que » 162 millions de dollars aux Etats-Unis (le précédent avait fait 251 millions). Dans le monde, « Batman : le défi » rapporte 266 millions (411 millions pour le premier). Le métrage obtient tout de même deux nominations aux Oscars pour les meilleurs effets visuels et meilleur maquillage mais n’en remporte aucun. Enfin, il s’agit du dernier Batman de Tim Burton puisque le troisième de la saga sera confié à Joël Schumacher, la production estimant les films de Burton trop sombre, et veut toucher un public plus large. 

Tim Burton a trouvé la formule

Le premier Batman de Tim Burton avait du mal à trouver son rythme ( vous pouvez retrouver la critique à ce lien). Le film était trop lent, avec des effets spéciaux très moyen, et des combats peu impressionnants, même pour l’époque. Il fallait attendre chaque apparition de Jack Nicholson en Joker pour avoir une envolée cinématographique, l’acteur portant le film quasiment à lui tout seul. Dans ce deuxième opus, Tim Burton semble enfin avoir trouvé la bonne formule. Paradoxalement, le long-métrage a été moins aimé par le public que le premier. Mais il est vrai que l’univers du réalisateur est toujours très particulier. Ainsi, « Batman : le défi » est stylistiquement très cohérent dans l’esthétique de Burton, et par conséquent, beaucoup moins grand public. Le métrage est beaucoup plus sombre. Le Joker de Jack Nicholson était très grandiloquent, aimait faire le show, tout en couleur. Il laisse place au Pingouin, un homme à l’allure monstrueuse, repoussant, qui vit dans les égouts. Son gang est déguisé grossièrement, avec des immenses masques de tête de morts. Globalement, c’est l’ambiance qui est plus sombre, plus bizarroïdes, sans toutefois être vraiment effrayante. Elle ressemble beaucoup à celle de « L’Étrange Noël de Mr.Jack » ou « Sweeney Todd ». Certaines scènes sont toutefois presque gores comme celle où des chats de gouttières semblent sur le point de dévorer Selina, la ressuscitant en fait, pour qu’elle devienne Catwoman. Chaque personnage a sa part de côté obscur, une part effrayante qui prend le dessus sur le reste, bien qu’ils souhaitent tous sortir de l’ombre sans y parvenir. Du Tim Burton dans le texte.

Le Gang du Cirque du Triangle Rouge

Bas les masques !

Comme dit auparavant, la thématique principale du film est la volonté de chacun des personnages de laisser sa partie sombre de côté, de faire tomber les masques pour vivre au grand jour. C’est même ce que dit Bruce Wayne à Selina en lui déclarant qu’il « ne veut plus vivre masqué ». Batman veut abandonner son costume pour être à 100% Bruce Wayne, Catwoman veut pouvoir être cette femme forte qu’elle est mais dans la peau de Selina Kyle, tandis que le Pingouin veut laisser de côté son surnom et l’image d’un homme répugnant pour embrasser sa véritable identité, celle d’Oswald Cobblepot et devenir maire. Finalement, seul l’homme d’affaires Max Shreck n’a pas de masque. Pas un hasard sachant qu’il est le symbole d’un chef d’entreprise véreux qui déverse des produits chimiques dans l’eau potable. Lorsque l’on connaît la passion de Tim Burton pour les personnages marginaux et en dehors des standards esthétiques de la société, on sait que finalement, le personnage le plus monstrueux n’est pas le Pingouin, mais bien Max Shreck. Comme dans « L’Étrange Noël de Mr.Jack », où Jack tente de laisser de côté son identité de maitre de l’épouvante et « Roi des Citrouilles » pour devenir le Père Noël, le Pingouin ne veut plus être une bête de foire mais être accepté de tous. Le film n’est d’ailleurs pas très optimiste puisque aucun des personnages ne réussira à vivre dans la lumière. Le Pingouin meurt et sera enterré dans les égouts, Catwoman survit mais reste cachée, tandis que Batman gardera le costume de l’homme chauve-souris.

Après Jack Nicholson, le néant ?

Oui, j’abuse peut-être avec ce titre. Il n’empêche que si « Batman : le défi » est beaucoup plus complet et plus fidèle au style de Tim Burton, force est de constater qu’au niveau de l’acting, personne n’a vraiment pris la succession de Jack Nicholson. Certes, la performance de Danny DeVito dans le rôle du Pingouin n’est pas mauvaise, mais elle est à des années-lumière de celle de Jack Nicholson en Joker. Sans parler du fait que Michael Keaton, très bon dans le premier volet, est cette fois-ci plus en retrait. Michelle Pfeiffer est beaucoup plus crédible en Selina Kyle qu’en Catwoman, où elle frise quelques fois le ridicule, notamment avec l’intonation de sa voix. Heureusement que Christopher Walken sauve un peu les meubles dans le rôle de Max Shreck. 

Comment il faisait Jack déjà ?

Conclusion :

Avec « Batman : le défi » Tim Burton renoue véritablement avec son style que l’on avait peu vu dans « Batman ». Le réalisateur trouve la bonne recette et imprime avec brio sa patte sur un film de super-héros. Dommage que la production n’ait pas été du même avis et n’ait pas laissé Tim Burton réaliser le troisième volet. Cinématographiquement parlant, « Batman : le défi » est sans conteste le meilleur de la saga. Par la suite, il faudra attendre plus de 10 ans et la trilogie de Christopher Nolan avant de revoir une vraie proposition stylistique autour de Batman. 

Vous pouvez retrouver la critique de « Batman » à ce lien !

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

3 réflexions sur “Critique Rétro : « Batman : le défi », de Tim Burton

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