Chronique Express : « Dark Waters » une alerte stressante sur le pouvoir des lobbys

« Dark Waters » est un film réalisé par Todd Haynes avec Mark Ruffalo, Bill Pullman, Anne Hathaway, Tim Robins, Bill Camp, Victor Garber et Mare Winningham. Le long-métrage est tiré d’un article du New York Times qui relatait l’histoire de l’avocat Robert Beliott. Ce dernier traduit en justice la société DuPont, accusé d’avoir déversé des tonnes de produits chimiques dans l’eau et dans la terre en Virginie-Occidentale. Alors qu’a pensé la Chronique Express du film ? Voici la critique de « Dark Waters » ! 

Un film lanceur d’alerte

Après « Le Cas Richard Jewell » la semaine dernière (retrouvez la critique à ce lien), qui remettait en cause l’acharnement médiatique et judiciaire envers un homme, « Dark Waters » lance clairement une alerte sur le pouvoir des lobbys. Le long-métrage de Todd Haynes est un message envers les spectateurs, un avertissement. Une alerte plutôt stressante d’ailleurs. DuPont collabore entièrement dans la conception de produits qui regorge de téflon, une matière en plastique très résistante, qui serait la cause de nombreux cancers. De plus, le rejet des produits chimiques dans les eaux de la Virginie-Occidentale tue les vaches des agriculteurs et empoisonne la population. Dans un message à la fin du film, il est indiqué que 99% de la population mondiale aurait du C8 (un acide perfluorooctanoïque utilisé dans la conception du téflon) dans le sang. Angoissant.

Outre cette alerte, « Dark Waters » met aussi en exergue le pouvoir des lobbys, au-dessus des lois, au-dessus même des gouvernements. Si Robert Beliott parvient à remporter ses procès contre DuPont et à dédommager les victimes de cancers, la fin du métrage n’est pas vraiment optimiste. Elle nous laisse sur une phrase de Robert qui déclare que le « système est corrompu » de l’intérieur. Pour lui, les puissants ont un « argent et un temps illimités ». Pas très rassurant.

Plus politique que cinématographique

Si l’on parle beaucoup de politique dans cette critique, c’est avant tout parce que le film tente de faire appel à notre sensibilité écologique de citoyen. Finalement, « Dark Waters » est plus un thriller angoissant qu’autre chose. Il ne propose pas grand-chose cinématographiquement parlant. Mais l’objectif n’était clairement pas là. Il se trouve plutôt dans le fait de bien faire passer les messages qu’il souhaitait faire passer. Si bien que s’il parvient à réveiller vos convictions écologiques (ou pas), il ne parvient en revanche pas à tenir en haleine le spectateur. Clint Eastwood dans « Le Cas Richard Jewell » parvient parfaitement à créer un suspense autour d’une histoire vraie que l’on connaît pourtant déjà, ainsi qu’un attachement et une identification à son personnage principal. C’est beaucoup moins le cas dans « Dark Waters ». Oui, les messages passent bien, mais il ressort une impression de longueur peu emballante dûe au manque d’action.

Mark Ruffalo retrouve un rôle à la hauteur de son talent

On avait presque tendance à oublier que oui, Mark Ruffalo est un acteur d’exception, qui sait jouer autre chose que Hulk dans le MCU. Avant d’incarner le géant vert, l’acteur excellait déjà dans « Zodiac » de David Fincher ou encore « Shutter Island » de Martin Scorsese. Avec « Dark Waters », il prouve qu’il peut porter un film à lui tout seul en se métamorphosant complètement. Ceux qui ont l’habitude de le voir dans le MCU ou encore dans les deux « Insaisissables » ne le reconnaîtront pas. On le sent très investi dans l’interprétation de Robert Beliott en changeant complètement les expressions de son visage. Ses interventions sont percutantes, et les mots de ses discours vous resteront figés dans le crâne après le film.  Si « Dark Waters » parvient à faire passer ses messages et à émouvoir un minimum, c’est 100% grâce à son interprétation. Sans lui, le film n’aurait clairement pas la même saveur. 

Quant au reste du casting, j’ai bien aimé la performance de Bill Pulman dans le rôle d’Harry Deitzler qui a également ses moments très percutants. Quant à Anne Hathaway, l’autre tête d’affiche du film, je l’ai trouvé un peu en retrait, dans un rôle qui n’est pas forcément à la hauteur de son talent.

Conclusion :

Cinématographiquement, « Dark Waters » n’a pas grand-chose d’exceptionnel. En revanche, il parvient à accomplir le pourquoi de sa production : alerter la population. Un pari risqué puisqu’il repose sur la sensibilité de chacun. Pas sûr que cela lui offre un grand succès au box-office. Toutefois, la tendance très actuelle du film à un moment où l’écologie est au centre de tous les débats pourrait lui permettre d’avoir un certain impact. « Dark Waters » permet en tout cas à Mark Ruffalo d’exprimer à nouveau la très grande qualité de son jeu d’acteur, et c’est en grande partie ce que l’on retiendra du film. 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

5 réflexions sur “Chronique Express : « Dark Waters » une alerte stressante sur le pouvoir des lobbys

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.