Critique Rétro : « Un jour sans fin » de Harold Ramis

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture !

Sorti en 1993, « Un Jour sans fin » est un film réalisé par Harold Ramis avec Bill Murray, Andie MacDowell, Chris Eliott et Stephen Tobolowsky. Le métrage raconte l’histoire du journaliste Phil Connors. Ce dernier est bloqué dans la bourgade de Punxsutawney à cause des intempéries pendant le « Jour de la marmotte ». Il se voit donc contraint de passer une nuit de plus dans la ville. Cependant, le lendemain matin à 6h, il constate que tout se produit exactement comme la veille. Bill est alors condamné à revivre indéfiniment la même journée.

« Un Jour sans fin » est sorti en février 1993 aux États-Unis, une période très creuse. En France, le film sort fin Juillet 1993, à l’époque, cette période était un moment de très faible fréquentation dans les salles de cinéma. Pourtant, le long-métrage va tenir tout l’été. Il réalise un score moyen en France avec 521 milles entrées. Aux USA, il obtient 70 millions de dollars de recette pour 90 millions dans le monde. Si le succès populaire n’est pas vraiment au rendez-vous le film obtient d’excellentes critiques, cependant il n’obtiendra pas de récompense dans les grandes cérémonies. Andie MacDowell obtient tout de même le Saturn Awards de la meilleure actrice dans un second rôle. Enfin, l’American Film Institute l’a classé 34ème meilleure comédie du 20ème siècle. C’est avec le temps que le film devient culte. Aujourd’hui, l’expression Groundhog Day (le titre en VO du film) est entrée dans le langage commun dans les pays anglo-saxons. Elle désigne une situation désagréable qui se répète sans cesse.

Un concept original

Phil Conors, reporter, doit comme chaque année se rendre dans la ville de Punxsutawney pour couvrir le « Jour de la marmotte », un événement qu’il trouve ridicule. Le personnage est acerbe, narcissique, se prenant pour une vedette au-dessus du reste du monde. Un rôle qui convient à merveille à Bill Murray, qui a l’habitude de jouer des rôles de personnages désabusés par la vie. Comme pour le punir de son mauvais comportement le destin s’en mêle. Phil Connors est condamné à vivre le même jour jusqu’à la fin de sa vie, une journée qu’il déteste particulièrement.

C’est là le point fort du film : son scénario. Il permet de créer un comique de répétition tout en mettant en avant une histoire assez originale. Le personnage de Phil Connors passe par toutes les émotions. De la stupeur et de la crainte au début, à la liberté et le pouvoir de faire ce qu’il veut sans se soucier des conséquences par la suite. En tant que grand séducteur, Phil décide de séduire Nancy. La répétition des jours lui permet de la connaître par cœur. Il réussit à la séduire et conclut avec elle. Cependant il n’a que sa productrice Rita, incarnée Andie MacDowell, en tête. Phil décide d’utiliser la même technique avec elle, mais il se heurte systématiquement à son refus à la fin. Une manière de montrer que l’amour ne peut pas être prédit, même en connaissant toutes les issues d’une journée par cœur. Phil cède ensuite à la dépression et se suicide plusieurs fois, mais en vain. Il se réveille toujours dans son lit à 6h du matin. 

Plus profond qu’il n’y paraît

Rares sont les comédies romantiques à être ambitieuse que ce soit au niveau cinématographique ou du message qui est transmis. « Un Jour sans fin » est plus profond qu’il n’y paraît au premier abord. C’est une réflexion sur l’épanouissement d’un homme exécrable qui se voit donner l’opportunité de changer. Pour accomplir cette évolution, il doit faire face à la routine. Phil a beau faire ce qu’il veut, sans se soucier des conséquences, la répétition le mène toujours vers la dépression. Il arrivera à briser cette routine et la malédiction dont il est victime en s’ouvrant aux autres. C’est en effet en apprenant à connaître autrui, en s’intéressant même à la personne la plus anodine, qu’il parvient à changer, à évoluer, et finalement, à attirer celle qui l’aime.

L’efficacité du duo Bill Murray/Andie MacDowell

Avec Phil Connors, Bill Murray incarne un type de personnage qu’il connaît très bien. Il parvient à livrer une bonne prestation, sans se caricaturer lui-même. Bien sur, on est très loin de sa prestation dans « Lost in Translation ». Mais il s’agit sans doute de son meilleur film des années 90 avec « Ed Wood ». Quant à Andie MacDowell, elle aussi interprète un rôle assez classique puisque c’est une habituée des films romantiques. En revanche dans son cas, « Un Jour sans fin » fait sans conteste partie des meilleurs rôles de sa carrière. Si elle n’a pas été révélée grâce au long-métrage, il participe de beaucoup à la popularité de l’actrice. Plus que leur performance individuelle qui est bonne sans être exceptionnelle, c’est le duo que forment les deux qui se révèle très efficace. Un mot aussi sur le second rôle de Chris Eliott, que vous avez peut-être vu dans les comédies « Mary à tout prix » ou encore « Scary Movie », qui se révèle être plutôt drôle avec un humour assez décalé par rapport au reste du film. 

Conclusion :

Un concept original, un casting satisfaisant, des éléments de pop-culture qui lui font traverser le temps, « Un Jour sans fin » est de loin une comédie romantique très au-dessus de la moyenne du genre. Sans être exceptionnel cinématographiquement parlant, avec une direction artistique assez moyenne, le film arrive toutefois à surprendre par sa capacité à délivrer un message intéressant. 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

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