Critique Rétro : « Matrix : Revolutions » des Wachowski

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture ! Pendant les trois prochaines semaines, on se penche sur la trilogie Matrix !

Sorti en 2003, « Matrix : Revolutions » est un film réalisé par les Wachowski avec Keanu Reeves, Laurence Fishburn, Hugo Weaving, Carrie Anne-Moss, Lambert Wilson, Jada Pinett Smith, Mary Alice, Harold Perrineau Jr et Sing Ngai. Après les évènements du second volet, Néo est bloqué entre le monde réel et la Matrice. Trinity, Morpheus et Séraphin retournent voir le Mérovingien afin de trouver une solution pour le libérer. Pendant ce temps, les machines creusent toujours plus profondément dans la terre et sont sur le point d’atteindre Sion. L’ultime bataille est sur le point de commencer. Après avoir été secouru par Trinity, Néo rend une dernière fois visite à l’Oracle. Elle lui apprend qu’il doit désormais se rendre à la ville des machines afin de mettre fin à la guerre. Dans la Matrice, il devra une dernière fois affronter l’agent Smith.

« Matrix : Revolutions » est sorti en 2003, quelques mois seulement après « Matrix : Reloaded« . L’ultime volet de la trilogie est celui qui a reçu le moins d’avis positif de la part du public. Cela se traduit au box-office puisqu’il est le moins bon succès commercial de la trilogie avec « seulement » 427 millions de dollars de recettes dans le monde. Même chose en France où le film attire 3,53 millions de spectateurs. Le long-métrage n’est pas nommé non plus lors des grandes cérémonies. Si « Matrix : Revolutions » n’obtient pas le succès escompté, il conclut l’une des meilleures trilogies de science-fiction de tous les temps.

Beaucoup d’action mais peu de profondeur 

« Matrix : Reloaded » avait déjà tendance a laissé de côté la dimension philosophique pour mettre l’action et les effets spéciaux en avant. Cependant, le second volet avait tout de même permis d’étendre l’univers de la saga grâce à l’introduction des programmes dissidents. « Matrix : Revolutions » zappe complètement tout ce qui avait fait la force des deux premiers volets pour de l’action, de l’action et encore de l’action. La profondeur qui faisait la force jusque-là de la trilogie s’évanouit complètement. En fait, les deux passages les plus intéressants du long-métrage se trouvent au tout début et à la fin. La séquence avec le « conducteur de train » est plutôt intéressante et permet de mettre en valeur un nouveau programme dissident. La conversation entre Néo et Rama-Kandra sur la signification des sentiments, et sur le fait que les programmes aussi peuvent ressentir des émotions était une piste qu’il aurait fallu beaucoup plus explorer. La suite ? De l’action jusqu’à la fin du film. Il faut attendre l’arrivée du Deus Ex Machina qui dirige les machines, puis juste après, du combat final avec l’agent Smith pour retrouver des passages qui sortent de l’ordinaire. 

Alors oui, le reste du film n’est pas forcément déplaisant, il est même assez efficace. L’escarmouche face au Mérovingien, la course-poursuite entre les machines et l’équipage du Hammer, ou encore la bataille dans la ville de Sion sont des séquences bourrées d’effets spéciaux, d’explosions et de Bullet Time qui ont fait la légende de la saga. Mais ce sont surtout des séquences que l’on a déjà vues dans les deux précédents films. Le plus gros problème de « Matrix : Revolutions », c’est qu’il ne propose rien de nouveau par rapport aux deux premiers opus. De plus, le surplus d’action rend le métrage beaucoup moins profond. Les questions que l’on pouvait se poser sur le sens de notre existence et sur la réalité qui nous entoure dans le premier film, et sur le déterminisme de nos choix dans le second ont complètement disparus pour revenir à une morale beaucoup plus banale. Si l’agent Smith ne parvient pas à gagner, c’est parce qu’il est incapable d’avoir un libre arbitre. En gros, si Néo l’emporte, c’est parce que c’est un être humain qui peut faire ses propres choix. Une conclusion un peu bateau, mais qui a le mérite d’offrir une bonne fin à la trilogie. 

Un peu trop classique ? 

Au moins on ne pourra pas reprocher à « Matrix : Révolutions » d’avoir loupé sa fin. Néo sauve le monde au prix du sacrifice de Trintiy, et probablement du sien (« Matrix 4 » nous révèlera le sort des personnages). La paix est conclue avec les machines, et désormais, Sion va pouvoir se reconstruire. Lorsque l’on voit les nombreuses difficultés qu’ont les sagas et les séries pour apporter une vraie conclusion, on ne peut pas cracher sur celle de « Matrix : Revolutions ». Cependant, il y a tout de même un sentiment d’inachevé. L’univers de Matrix a un potentiel tellement énorme que cette fin ne peut être vue que comme une absence de prise de risque assez inexplicable

Globalement, c’est le film entier qui manque d’ambition. La construction du récit est trop cousue de fil blanc, la bataille de Sion ne propose rien d’incroyable visuellement, pire, « Matrix : Revolutions » ne comporte aucune scène de légende contrairement aux deux premiers films. Le combat final entre Néo et l’agent Smith n’est absolument pas à la hauteur de celui qu’on avait eu l’occasion de voir dans « Matrix : Reloaded » entre Néo et la horde de Smith. Bref, un strict minimum assez déconcertant. 

Où est passé le charisme des acteurs ? 

Lorsque l’on pense à Matrix, on pense à Néo qui arrête les balles, aux ralentis effectués grâce à la technique du Bullet Time, au charisme incroyable de ses personnages. Entre Morpheus, Néo, Trinity ou encore l’agent Smith, difficile de savoir qui est le plus badass. Dans « Matrix : Revolutions », tout ce charisme semble s’être envolé. Morpheus ne sert absolument à rien à part être celui qui croit à un miracle, tandis que Trinity et Néo se perdent dans une histoire d’amour qui devient beaucoup trop mielleuse. Seul l’agent Smith garde de sa superbe grâce au très grand talent d’Hugo Weaving qui tient le film à bout de bras. On parle beaucoup de Keanu Reeves et de Laurence Fishburn mais clairement, la trilogie Matrix n’aurait jamais connu autant de succès sans lui. C’est le plus régulier sur l’ensemble des trois films. Ce n’est pas un hasard si « Matrix : Revolutions » est le moins bon de la trilogie car c’est aussi celui où l’on voit le moins Hugo Weaving. 

Conclusion : 

Par rapport à la plupart des films de science-fiction qui sortent, « Matrix : Revolutions » est tout de même au-dessus de la moyenne. Le véritable problème, c’est qu’il est la conclusion d’une saga qui s’est déroulée sur un rythme décroissant. Au lieu de monter en puissance pour nous offrir un final exceptionnel, la trilogie Matrix a fait l’extrême inverse. « The Matrix » était un modèle de pureté, de rythme, de construction scénaristique et un subtil mélange entre action et réflexion. « Matrix : Reloaded » était plus grand public, mais est parvenu à proposer un contenu très intéressant grâce à l’ajout de nouveaux personnages pertinents, et un casting toujours aussi charismatique. « Matrix : Révolutions » perd ces atouts et donne une impression d’un film fait à la va vite, sans prise de risque. Heureusement, l’univers exceptionnel sauve le métrage qui parvient tout de même à apporter une conclusion satisfaisante. 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

Vous pouvez retrouver la critique de « Matrix : Reloaded » à ce lien !

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

2 réflexions sur “Critique Rétro : « Matrix : Revolutions » des Wachowski

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