Chronique Express : "Queen & Slim", une odyssée amoureuse et militante

« Queen & Slim » est un film réalisé par Melina Matsoukas avec Daniel Kaluuya, Jodie Turner-Smith, Bokeem Woodbine, Indya Moore, Chloë Sevigny, Flea et Jahi Di’Allo Winston. Le long-métrage retrace l’histoire de Queen et Slim, deux jeunes afro-américian qui, à la suite d’un rendez-vous amoureux, subissent un abus de pouvoir d’un policier lors d’un contrôle de routine. La situation dégénère et Slim est obligé de tuer l’officier. S’ensuit alors une fuite qui se transforme en véritable voyage à travers les États-Unis où les deux fugitifs vont apprendre à se connaître jusqu’à ce que naisse un amour profond entre eux. Alors qu’a pensé la Chronique Express du film ? Voici la critique de « Queen & Slim » !

Une odyssée vers l’immortalité

Lorsqu’on lit le synopsis du métrage, on sait d’emblée à quel point le film est actuel. Il met en scène le racisme à travers le délit de faciès qui sévit aux États-Unis. L’histoire de « Queen & Slim » part de là. Un simple contrôle de routine qui dégénère et voilà les deux personnages qui sont désormais des fugitifs. Si la toile de fond est éminemment revendicative et dénonciatrice d’un mal-être et de situations qui arrive encore trop souvent aux États-Unis, le film de Melina Matsoukas est finalement beaucoup moins « révolutionnaire » que ce que l’on aurait pu penser au vu de la bande-annonce. La réalisatrice a plutôt la volonté de coller un maximum avec une histoire qui aurait pu être vraie, ce qui enlève par conséquent le côté de pure fiction un peu trop grandiloquente. Surtout, plus qu’un thriller, il s’agit en fait d’une odyssée, d’un voyage à travers les USA, de l’Ohio jusqu’à Miami, d’où un avion attend le couple pour se réfugier à Cuba. Un voyage dans lequel deux personnages vont apprendre à se découvrir pour finalement tomber amoureux. 

Au-delà de sa portée dénonciatrice, le rapport au temps et à l’existence est ce qui compte le plus pour Queen et Slim, plus même que le symbole qu’ils représentent. En effet, les afro-américains se reconnaissent dans le couple et dans ce qu’ils ont subi lors du contrôle de police. Cependant, la portée de ce combat les dépasse, eux qui souhaitent simplement pouvoir vivre leur histoire d’amour. Ainsi, ils sont très surpris d’apprendre que des manifestations se sont mis en place pour dénoncer le racisme grâce à eux. Les personnes qu’ils croisent leurs donnent des surnoms militants, ils sont qualifiés de « Bonny and Clyde noir » ou encore de « nouveaux Black Panthers ». 

Le rapport au temps et à l’existence est primordial dans le film. Le personnage de Junior l’exprime parfaitement. Il souhaite laisser une trace de son passage sur la Terre, et envie le couple de l’action qu’ils ont commise car désormais, ils sont immortels. Queen souhaite seulement qu’un « homme puisse accepter ses cicatrices » tandis que Slim ne pense qu’à « rester dans le cœur de sa belle » et qu’elle « tienne sa main jusqu’à la fin ». Encore un rapport au temps. Finalement, c’est cette simplicité, ce désir de pouvoir vivre leur amour sans le pouvoir qui va hisser le couple en tant que symbole populaire, qui transformer leur voyage en odyssée vers l’immortalité.

Daniel Kaluuya et Jodie Turner-Smith impressionnant

Ce voyage n’aurait jamais pu se faire sans le talent assez incroyable de Daniel Kaluuya et Jodie Turner-Smith. En ce qui concerne le premier, il était déjà bluffant dans « Get Out ». Les fans de Marvel l’auront aussi peut-être reconnu puisqu’il incarne W’Kabi dans « Black Panther ». « Queen & Slim » est une confirmation du talent de l’acteur, qui devrait sans doute être nommé dans les grandes cérémonies dans les années à venir. En ce qui concerne Jodie Turner-Smith, il s’agit d’une grande révélation. L’actrice britannique avait jusqu’alors surtout tourné dans des séries (« Nightflyers » et « The Last ships »). Grâce à sa performance très touchante, nul doute que les portes des studios lui seront désormais grandes ouvertes.

Si le long-métrage se base surtout sur la relation entre Queen et Slim et la performance des deux acteurs, il faut aussi noter le très bon travail de Tat Radcliffe à la photographie, qui nous gratifie d’images superbes. Je pense à tous les plans larges sur les paysages, mais aussi bien évidemment à la photo du couple sur la voiture. Petit bémol tout de même au niveau de la construction du récit qui est sans doute un peu trop longue. Le rythme du film est très peu soutenu, et il aurait certainement gagné en intensité avec 10 où 15 minutes de moins.

Conclusion

Si « Queen & Slim » n’a pas la portée artistique d’un « Get Out » où la dimension révolutionnaire d’un « Selma », le long-métrage de Melina Mastoukas se distingue grâce à sa portée beaucoup plus sentimentale. Il s’agit de l’épopée d’un couple formidablement bien incarné par Daniel Kaluuya et Jodie Turner-Smith. La réalisatrice nous montre comment naît un symbole populaire révolutionnaire dans lequel n’importe qui peut se reconnaître : à travers une romance. 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

3 réflexions sur “Chronique Express : "Queen & Slim", une odyssée amoureuse et militante

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