Critique Rétro : "Master and Commander" de Peter Weir

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture !

Sorti en 2003, « Master and Commander » est un film réalisé par Peter Weir, avec Russell Crowe, Paul Bettany, James D’Arcy, Max Pirkis et Billy Boyd. Le long-métrage se déroule au début du 19ème siècle pendant les guerres napoléoniennes. Le HMS Surprise, un navire anglais, est chargé de rattraper le navire français Achéron afin de le détruire ou de le récupérer. Le HMS Surprise est dirigé par le Capitaine Jack Aubrey alias Jack la Chance, un surnom obtenu car il n’a jamais perdu une seule bataille. Malgré cette réputation, l’Achéron un navire de guerre moderne, surprend plusieurs fois le Capitaine Anglais. S’ensuit alors un incroyable jeu de chasse entre les deux navires. 

« Master and Commander » est un très bon succès critique. En 2004, le film reçoit 10 nominations aux Oscars ! Cependant il n’en remporte que deux avec l’Oscar de la meilleure photographie et celui du meilleur montage de son. Pourquoi seulement 2 sur 10 ? Tout simplement parce que le film a eu la malchance de tomber en même temps que « Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du roi » qui a tout raflé cette année là avec 11 Oscars. Au box-office, « Master and Commander » est une réussite sans être non plus exceptionnelle, avec 95 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis et 210 millions de dollars dans le monde. En France, le film connaît un succès moyen avec un peu moins de 900 000 spectateurs.

Un réalisme bluffant

« Master and Commander » est l’avant-dernier film de Peter Weir et certainement son chef-d’œuvre juste devant « Le Cercle des poètes disparus » et « The Truman Show ». Le film, qui se déroule à 90% sur le navire HMS Surprise, est impressionnant de réalisme. Que ce soit la vie des marins sur le bateau, où la course-poursuite, on sent que le travail de recherche a été bien fait de la part du réalisateur. Le jeu de chasse entre les deux navires est particulièrement bien orchestré, haletant et impressionnant. N’ayons pas peur des mots, « Master and Commander » est sans doute l’une des plus belles et fidèles reproductions pour un film « naval ». 

Ce qui rend le film aussi réaliste, c’est aussi grâce à la description de la vie quotidienne sur le bateau. En pleine partie de chasse avec l’Achéron, les marins du HMS Surprise subissent le courroux des éléments, la mer déchainée, la chaleur accablante et le manque d’eau. Toutes ses épreuves les marquent considérablement. La chasse devient alors plus compliquée, car les hommes sont marqués psychologiquement. Ils s’inventent alors quelques contes, comme le fait que l’Achéron soit un vaisseau du diable. Il est d’ailleurs surnommé « le Fantôme ». Les marins sont superstitieux, c’est bien connu. Les fabulations vont très loin, jusqu’à accuser Hollom, un des aspirants Lieutenants, d’être maudit, ce qui le conduira jusqu’au suicide, sa situation devenant intenable. Le combat final est également très impressionnant. Entre manœuvres extrêmes, abordage, volée de boulets de canon et combat à l’épée, rien n’est oublié, aucun élément n’est négligé, tout est maitrisé d’une main de maître par Peter Weir.

La direction artistique réalise également un superbe travail à travers la photographie de Russell Boyd. Pas étonnant que le film ait reçu un Oscar dans cette catégorie. À souligner aussi la belle musique composée par Christopher Gordon, qui reprend les classiques de Jean-Sébastien Bach, Luigi Boccherini et Arcangelo Corelli.

Une intrigue efficace

Avec son film, Peter Weir réussit le tour de force de faire à la fois un blockbuster et un film d’auteur. Blockbuster, de par le budget du métrage (environ 150 millions) et son côté spectaculaire. Film d’auteur, car l’action est finalement très réduite. « Master and Commander » ne regorge pas de combats, il dépeint la relation très forte entre le Capitaine Jack Aubrey et le docteur Stephen Maturin. On retrouve également de nombreuses thématiques propres à l’épopée comme la relation maitre/élève et l’épanouissement personnel des personnages ou encore des thématiques propres à la vie sur la mer, comme l’évolution dans un milieu fermé et autarcique. À côté de ces éléments, il n’y a pas de fioritures inutiles, pas d’histoires inutiles pour plaire au public, c’est tout l’ensemble qui est redoutablement efficace.

Russell Crowe au sommet de sa forme

La carrière de Russell Crowe est déjà bien fournie. Lorsque l’on parcourt sa filmographie, on tombe sur des excellents films (« Gladiator », « American Gangster ») mais aussi quelques beaux navets, surtout ces dernières années (« La Momie », « Noé »). Incontestablement, « Master and Commander » fait partie du top 5 des meilleures performances de l’acteur. J’ai même tendance à penser que ce serait sa deuxième meilleure performance juste derrière « Gladiator ». L’acteur incarne parfaitement tout ce que l’on peut attendre d’un Capitaine d’un navire de guerre. Charismatique, magnant d’une poigne de fer ses hommes tout comme son navire, il se montre également très reconnaissant envers ses hommes et miséricordieux avec ses adversaires. Du grand Russell Crowe.

Le traitement de l’intrigue rend les seconds rôles très attachants. Évidemment, en premier lieu il y a Paul Bettany qui incarne le docteur Stephen Maturin, mais pas seulement lui. Le jeune Max Pirkis délivre une prestation touchante. La question est : pourquoi n’a-t-il pas fait carrière ensuite ? Il faut aussi citer James d’Arcy, toujours impeccable lorsqu’il s’agit de jouer des rôles sophistiqués.

Conclusion :

« Master and Commander » est un quasi-documentaire, une fresque ultra-réaliste peinte par Peter Weir. Le réalisateur ne cherche pas à faire de son film quelque chose de spectaculaire, bien que le métrage le soit, mais à dépeindre la vie d’un équipage engagé dans une course-poursuite. La recette fonctionne et on regrette presque que le film s’arrête. Un modèle du genre. 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

3 réflexions sur “Critique Rétro : "Master and Commander" de Peter Weir

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