Chronique Express : « 1917 », Sam Mendes est un esthète incroyable

« 1917 » est un film réalisé par Sam Mendes, avec George MacKay, Dean-Charles Chapman, Mark Strong, Benedict Cumberbatch et Richard Madden. Pendant la Première Guerre mondiale, les deux soldats de Première Classe, William Schofield et Toù Blake doivent traverser les lignes ennemies afin de porter un message urgent au Colonel MacKenzie. Ce message ordonne d’annuler une attaque prévue par l’armée britannique sous peine de tomber dans un piège allemand qui pourrait couter la vie à 1 600 soldats, dont le frère de Blake. Alors qu’a pensé la Chronique Express du film ? Voici la critique de « 1917 » ! 

Un faux plan-séquence exceptionnel

On vous voit venir. Pourquoi « un faux plan-séquence » ? Sam Mendes n’a donc pas filmé sans interruption pendant presque deux heures ? Bien sur que non. L’absence de montage n’induit pas forcément qu’il n’y a pas eu de coupure. Il s’agit plutôt de longs plans continus que l’on appelle aux États-Unis des « longs-shots ». L’illusion est toutefois parfaite. Pendant toute la durée du film, le spectateur est complètement absorbé par l’intrigue, en pleine immersion avec les personnages. À aucun moment la caméra ne lâche les acteurs et donc par extension, les spectateurs. Il n’y a aucune pause dans l’intrigue, ce qui créé des formidables moments de tension. Le métrage est en fait un assemblage de minis-films. La plus longue prise dure 8 minutes 30. 

Vous l’aurez bien compris « 1917 » n’est pas un film de guerre ordinaire. Si vous êtes plutôt fans des interminables combats, d’escarmouches et d’explosions à n’en plus finir, le film n’est clairement pas à ranger dans cette catégorie. Les plans continus donnent d’ailleurs un faux rythme au métrage, ce qui le ralenti parfois considérablement, donnant ainsi l’impression d’être un peu trop long. Mais cela ne gâche en rien la qualité du spectacle. 

L’ambiance n’est pas sans rappeler celle de « Dunkerque » de Christopher Nolan, sauf que ce dernier n’a pas construit son film avec des « longs-shot ». « Dunkerque » était construit comme un film d’horreur immersif, la tension se basant sur l’alternance entre des moments calmes et explosifs. « 1917 » ne marque aucune pause, les rares moments de calme sont très forts émotionnellement, comme lorsque William Schofield rencontre une jeune française qui s’occupe d’un nouveau-né abandonné dans les ruines d’une ville. L’intrigue tient en haleine jusqu’à une fin riche en émotion, qui ne laissera personne indifférent. 

Une photographie sublime

Selon moi, le gros point fort de « 1917 » n’est pas son incroyable mise en scène. Le plus marquant, c’est sans conteste la direction artistique du film. Des plans audacieux de Sam Mendes à la photographie éblouissante de Roger Deakins. Ce dernier s’est véritablement surpassé. Le film est une succession d’images grandiose. Les flammes qui détruisent un village, la fabuleuse course de William Schofield cerné par les explosions, et j’en passe.

Une des scènes les plus marquantes se déroule dans les ruines d’un village. Schofield se démène comme il peut pour fuir des soldats allemands. S’ensuivent tout un tas d’explosions et de lumières blanches hallucinantes. Accompagnée par la sublime musique de Thomas Newmann, la scène a un certain côté mystique. On pourrait même croire que des extraterrestres sont sur le point de débarquer. Le spectacle est grandiose, tout simplement

William MacKay versus the world

Jusqu’ici, William McKay s’était surtout distingué pour ses rôles dans « Pride » et « Captain Fantastic », des succès critiques mais pas vraiment public. « 1917 » devrait incontestablement être un tournant dans la carrière de l’acteur. Sa maîtrise de toutes les situations est incroyable. Lorsqu’il ne doit pas déjouer des pièges, fuir les soldats allemands ou encore tenir tête à ses propres supérieurs, il doit affronter les éléments en étant emporté par le courant d’une rivière. L’acteur alterne les scènes d’action avec quelques passages fort en émotions, puis sans se laisser le temps de se lamenter sur son sort, repart pour franchir de nouveaux obstacles. Impressionnant.

Si le casting contient quelques noms bien connus, comme Benedict Cumberbatch et Richard Madden, leur présence est plutôt un coup de communication pour attirer les spectateurs qu’autre chose. Au total, le temps d’apparition des deux acteurs réunis ne doit même pas dépasser 10 minutes. En revanche, Dean-Charles Chapman, qui accompagne George MacKay durant son périple, est lui aussi une formidable révélation.

Conclusion 

Incontestablement, « 1917 » est le premier grand film de l’année. Il pourrait également être un des grands vainqueurs des Oscars 2020. Sam Mendes montre une nouvelle fois, après le génialissime « Skyfall » qu’il est un esthète incroyable. « 1917 » est un chef-d’œuvre de réalisation, un exercice technique ambitieux et très réussi. À ne manquer sous aucun prétexte ! 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

10 réflexions sur “Chronique Express : « 1917 », Sam Mendes est un esthète incroyable

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