Critique Rétro : « Kingdom of Heaven » de Ridley Scott

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture !

« Kingdom of Heaven » est un film réalisé par Ridley Scott sorti en 2005 avec Orlando Bloom, Eva Green, Liam Neeson, Jeremy Irons et Ghassan Massoud. Le long-métrage se déroule au XIIème siècle à l’époque des croisades. L’intrigue se concentre sur Bailan d’Ibelin, devenu comte d’Ibelin après la mort de son père. Bailan va tenter tant bien que mal de protéger les habitants de Jérusalem dans la guerre qui oppose Guy de Lusignan à Saladin. Le film connaît un succès mitigé dans le monde. Disposant d’un très gros budget (130 millions) il n’obtient « que » 47 millions de dollars aux USA. Fait rare, « Kingdom of Heaven » rapport plus d’argent en Europe qu’aux USA. En France, le film attire 1,2 million de spectateurs. Il est plutôt bien reçu par les critiques françaises mais beaucoup moins par les critiques américaines. 

Des combats très réalistes et une bonne dose d’infidélité historique

Après « Gladiator » et « La Chute du Faucon Noir », Ridley Scott s’attaque à un autre versant de l’histoire, celle des croisades. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la fidélité historique n’est pas au rendez-vous. Selon les historiens, les batailles sont plutôt bien représentées mais l’histoire des personnages a été largement romancée. Ainsi, la relation amoureuse entre Bailan et Sibylle n’a jamais existé. Le personnage de Tibérias s’appelait en réalité Raymond III de Tripoli, mais les scénaristes ont modifié son nom pour ne pas faire de confusion avec lui et Renaud  (en anglais, la prononciation des noms est très proche). Guy de Lusignan, principal antagoniste du film, est présenté comme étant cruel et voulant absolument la guerre alors qu’il était en fait surtout très indécis et très influençable. Les historiens ont aussi relevé quelques anachronismes comme le fait que le fléau d’armes n’existait pas encore, ou encore que les boucliers des chevaliers n’étaient pas portés dans le dos lors d’une charge. Enfin, la tolérance religieuse prônée par Tiberias et Bailan dans le film n’était pas aussi présente que ce qui est décrit. Elle existait vraiment, mais plus pour des raisons d’ordre pratique que philosophique. Sur ce dernier point, cette modification a été essentiellement faite afin de faire passer un message de paix et de tolérance. 

À part ses infidélités historiques, Ridley Scott fait encore preuve dans « Kingdom of Heaven » de sa grande maîtrise des scènes de combat. Le siège de Jérusalem par Saladin est extrêmement bien fait.Mention spéciale au combat qui se déroule après que les murs de la cité soient tombés. Les deux armées s’empilent l’une face à l’autre dans un tout petit passage, rendant le combat complètement sauvage, presque absurde. De plus, pas de scène où un combattant réalise un exploit exceptionnel qui apparaît comme impossible. Ce dernier point rend les batailles beaucoup plus authentiques. En ce qui concerne Bailan, s’il est décrit comme un brillant guerrier qui survit à toutes les batailles, aucune scène ne le montre faisant quelque chose d’hors du commun. 

Orlando Bloom et Eva Green pas au rendez-vous

Si le film brille par la réalisation de combats épiques, ce n’est pas vraiment le cas des acteurs. Le pire, c’est que les deux qui passent le plus à côtés sont les deux acteurs principaux, Orlando Bloom et Eva Green. En ce qui concerne le premier, c’était surement le film d’action de trop à cette époque. « Kingdom of Heaven » survient en effet deux ans après « Le Seigneur des Anneaux : le Retour du roi » et «  Pirates des Caraïbes : la malédiction du Black Pearl » dans lequel il brille à travers les rôles de Legolas et Will Turner. Dans le rôle de Bailan, il apparaît comme emprunté, sans émotion et beaucoup moins charismatique que dans ses rôles précédents.

Quant à Eva Green, il s’agissait seulement de son 4ème rôle au cinéma. Problème, il survient deux ans après son excellente interprétation dans « Innocents : The Dreamers » de Bertolucci. Tout comme Orlando Bloom, elle peine considérablement à émouvoir. Est-ce la raison pour laquelle nombre de ses scènes ont été coupées au montage ? Sans doute. 

On ne peut pas dire que le casting de « Kingdom of Heaven » ne serve vraiment le film. Les deux seuls qui se démarquent véritablement sont Ghassan Massoud dans le rôle de Saladin et Edward Norton dans le rôle de Baudouin IV, le roi lépreux. Difficile toutefois de parler de véritables performances puisque les deux personnages ne sont pas assez présents à l’écran. 

Une narration trop prévisible et sans saveur

Certes, le film contient tous les éléments narratifs d’une épopée. Tout d’abord, le héros n’était au départ personne avant d’apprendre grâce à l’irruption de son père qu’il est destiné à un grand avenir, de par son héritage et son nom. Puis vient le temps de la formation pour que le héros devienne un redoutable guerrier. C’est à ce moment-là que son père décède des suites d’une escarmouche, ce qui émancipe complètement le héros, désormais seul face à son destin. Sa vertu et sa compassion lui permettent ensuite de séduire Sibylle, ce qui créé la relation amoureuse de l’histoire. Enfin, sa dévotion et sa détermination finissent par faire plier même les plus grands. Il cède Jérusalem à Saladin, mais sauve l’ensemble des habitants. 

Si la narration respecte les éléments-clés d’une épopée, elle les a surtout très mal développés. Qui doutait vraiment de la mort de Godefroy d’Ibelin ? La relation entre Sibylle et Bailan est cousue de fil blanc dès la première apparition de la Princesse. Si une épopée comporte des éléments-clés, ce n’est pas une raison pour les rendre sans saveur, sans surprise. D’autant plus que, comme précisé auparavant, les éléments qui sont censés servir la dramaturgie du film et qui sont finalement inutiles, ne sont pas fidèles à l’histoire, et ont été intégralement inventés.  

Parmi les points positifs, on notera tout de même le message de paix et de tolérance que prône le film. Si ce message ne suit pas vraiment la réalité historique, il n’en est pas moins bienveillant. C’est sans doute ce que cherchait Ridley Scott, faire passer un message avant toute chose, et tant pis si le métrage n’est pas fidèle à l’histoire. 

Conclusion 

« Kingdom of Heaven » est un petit Ridley Scott. Si le film est encore aujourd’hui cité de nombreuses fois dans les listes des meilleurs films d’action historiques, il le doit surtout à la maîtrise de son réalisateur des scènes de combat. Dans la reproduction de batailles historiques, Ridley Scott est sans conteste l’un des plus grands experts à l’heure actuelle en compagnie d’Oliver Stone. Cependant, un film ne peut pas tenir que sur ses scènes d’action et tout ce qui entoure les batailles dans « Kingdom of Heaven« , de la narration au jeu d’acteur, laisse à désirer. 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

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F.M

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