Rétrospective Tarantino : « Inglourious Basterds »

Sorti en 2009, « Inglourious Basterds » est le 7ème long-métrage de Quentin Tarantino, avec Brad Pitt, Christoph Waltz, Mélanie Laurent, Michael Fassbender, Diane Kruger et Daniel Brühl. Le long-métrage se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale, pendant l’occupation. Les services secrets américains envoient une petite troupe de soldats, les « Bâtards », sur le territoire français afin de semer la terreur dans les rangs allemands avant le débarquement. Les « bâtards » ont une occasion unique de porter un coup fatal à l’état-major des nazis, lorsqu’ils apprennent que Hitler et Goebbels se rendent à une projection d’un film dans un petit cinéma parisien, dirigé par Shosanna Dreyfus. Seulement, leur plan sera contré par le colonel SS Hans Landa, qui quatre ans auparavant, a exécuté la famille de Shosanna…

« Inglourious Basterds » est le troisième plus grand succès de Quentin Tarantino au box-office, derrière « Django Unchained » et « Once Upon a Time…in Hollywood ». Le film a généré 321 millions de dollars dans le monde dont 162 millions aux États-Unis. En France, le film a attiré près de 3 millions de spectateurs (2,84 millions exactement). C’est également un succès critique, y compris chez les professionnels du cinéma qui ont surtout récompensé la performance XXL de Christopher Waltz. L’acteur a ainsi reçu le prix d’interprétation masculine au festival de Cannes en 2009, le Golden Globes du meilleur acteur dans un second rôle en 2010, et l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2010. 

Après avoir exploré le genre du film de gangsters, puis « Kill Bill » et « Le Boulevard de la mort », Tarantino se met aux films historiques. Avant « Django Unchained », le premier de cette série est « Inglourious Basterds ». Selon moi, il s’agit actuellement du chef-d’œuvre de Quentin Tarantino. Le long-métrage reprend tous les éléments qui ont fait du réalisateur l’un des plus grands du 21ème siècle. Dialogues percutants, humour, action, scènes sanglantes, tension, rythme effréné, tout le panel du réalisateur se trouve dans le film. 

Le long-métrage démarre tambour battant. On retrouve dans la première scène à peu près tous les éléments du film. Dans celle-ci, le colonel SS Hans Landa rend visite à Perrier LaPadite, un fermier. Il le suspecte de cacher une famille juive. Cette scène pourrait résumer à elle seule le métrage. On sent qu’il va se passer quelque chose, et ce, bien que Hans Landa fasse mine pendant un temps de croire aux mensonges de Perrier LaPadite. Malgré la tension évidente, Tarantino insère une pointe d’humour avec la grossière énorme pipe à fumer du colonel. Surtout, cette scène met en évidence le talent incroyable de Christoph Waltz.

« Inglourious Basterds » ne manque pas d’acteurs connus. Brad Pitt, Diane Kruger, Michael Fassbender, Mélanie Laurent… Pourtant, celui qui crève l’écran, c’est bien Christoph Waltz. C’est ce film qui l’a révélé au grand public et pour cause. Dans les moments de tensions extrêmes, il parvient avec brio à garder cette fausse bienveillance du personnage, pourtant cruel et impitoyable. En fait, chaque apparition de Christoph Waltz donne une tout autre dimension au métrage. Chacun de ses gestes, de ses mimiques, mais aussi sa diction et son talent de polyglotte (il parle français, allemands, anglais et italien dans le film) sont extrêmement bien fait ce qui donne à toutes ses scènes un caractère unique. Son « that’s a binnngoooo » à la fin est culte. Pas étonnant qu’il ait reçu trois prix d’interprétations pour son rôle, si odieux soit-il.

Même s’il a tendance à éclipser le reste du casting, Christoph Waltz n’est pas le seul à performer dans « Inglourious Basterds ». Brad Pitt a également ses moments, notamment la scène où il doit incarner un cascadeur italien afin de pouvoir assister à la projection de « La fierté de la nation », où l’ensemble de l’état-major nazi est présent. Certainement la scène la plus drôle du film. Globalement, l’acteur a un rôle assez comique, comme l’ensemble de ceux qui font partie du groupe des « bâtards ». J’ai aussi bien aimé Michael Fassbender et Diane Kruger, dommage qu’on ne les voient pas plus souvent.

Peut-on vraiment parler de comique dans « Inglourious Basterds » ? Car l’humour est très noir ou plutôt très sanglant. Les scènes où le lieutenant Aldo Raines défigure les anciens SS en leur gravant une croix gammée sur le front sont tournées d’une façon comique, notamment la dernière où il déclare « Je crois bien que c’est mon chef-d’œuvre ». D’une manière générale, les scènes trash « d’Inglourious Basterds » peuvent être observées d’un point de vue comique, pour rendre plus supportable la scène. Cependant, si vous n’êtes pas sensible à l’humour assez trash de Tarantino, les scènes vous paraîtront tout simplement violentes. 

Qui dit violence, dit morts, et qui dit morts dans les films de Tarantino, dit morts de personnages principaux. C’est quelque chose que l’on retrouve dans la plupart de ses films. Ainsi, la majorité des « bâtards » ne survivront pas, de même que Bridget Von Hammersmark ou encore le lieutenant Archie Hicox. Mais les pertes ne sont pas que dans le camp des Alliés. Comme dans « Once upon a time… in Hollywood », Tarantino se permet une petite réécriture de l’histoire. Hitler ne meurt pas dans son bunker mais fusillé par le sergent Donny Donowitz et le soldat Omar Ulmer. Une fin qui est toutefois loin d’être un happy-end puisque dans cette réécriture, la guerre prend fin grâce à la collaboration du colonel Hans Landa.

Avec « Inglourious Basterds » Tarantino prête encore au cinéma le pouvoir de rectifier l’histoire. Après avoir mis en scène un esclave qui se libère de ses chaînes dans « Django Unchained », il fait mourir tout l’état-major nazi, Hitler compris, dans une salle de cinéma. Puis, il fera éviter à Sharon Tate une mort horrible dans « Once upon a time…in Hollywood ». Surtout, « Inglourious Basterds » permet au réalisateur de mettre un peu plus en évidence ses superbes talents de dialoguiste tout en affirmant son style habituel, une fulgurante vivacité, teintée d’une vengeance jubilatoire. De plus, il révèle au monde entier Christoph Waltz, auteur d’une performance sensationnelle, sans doute la meilleure dans la filmographie du réalisateur. Un très grand film.

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

Une réflexion sur “Rétrospective Tarantino : « Inglourious Basterds »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.