Chronique Express : "The Irishman", un chef-d'oeuvre, tout simplement

« The Irishman » est un film réalisé par Martin Scorseseavec Robert de Niro, Al Pacino, Joe Pesci, Harvey Keitel, disponible uniquement sur la plateforme de streaming Netflix. Le long-métrage retrace l’ascension de Frank « Irishman » Sheeran au sein de la pègre italienne aux États-Unis pendant l’après-guerre. Frank va faire la connaissance de Russell Bufalino qui l’introduira au sein de la mafia, puis de Jimmy Hoffa un des parrains de la pègre et syndicaliste du groupe. Alors qu’a pensé la Chronique Express du film ? Voici la critique de « The Irsihman » ! 

Frank Sheeran ( Robert de Niro, à gauche) et Jimmy Hoffa (Al Pacino, au centre)

The Irishman aux Oscars ?

Avec « The Irishman », Martin Scorsese revient à ses premieres amours en retraçant la vie de personnages issus de la pègre italienne en Amérique, et de quelle façon ! Le film est sans doute l’un des meilleurs longs-métrages de 2019. Il s’impose tout en haut de la filmographie du réalisateur aux côtés de « Taxi Driver », « Les Affranchis », « Casino » ou encore « Shutter Island ».  Je ne serais d’ailleurs pas du tout étonné que le film reçoive plusieurs nominations aux Oscars 2020. Meilleur film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Acteur pour Robert de Niro, Meilleur Acteur dans un second rôle pour Al Pacino et Joe Pesci et j’en passe ! 

De sa maison de retraite, Frank Sheeran nous raconte son ascension au sein de la pègre qui est construite en 3 temps : sa rencontre avec Russell Bufalino, puis avec Jimmy Hoffa, et enfin les dissensions internes dans la mafia locale, opposant Jimmy Hoffa avec Anthony « Tony Pro » Provenzano et Tony  Salerno. La première partie est très classique, Frank doit effectuer plusieurs missions afin de se faire respecter des hauts gradés de la mafia. Sa réputation monte progressivement jusqu’à atteindre Jimmy Hoffa, président du syndicat International Brotherhood of Teamsters. C’est à partir de là que le métrage commence vraiment à s’accélérer. On y découvre toutes les magouilles de la mafia et a quel point elle a pu être mêlée dans les affaires politiques des États-Unis. La tension atteindra son comble dans la dernière partie du film, où les pontes de la mafia ne supportent plus les prises de décisions de Jimmy Hoffa et décident de l’assassiner. 

Jimmy Hoffa au tribunal

Un trio magique

M-O-N-S-T-R-U-E-U-S-E. Je n’ai pas d’autres mots pour qualifier la performance de Robert de Niro. En regardant « The Irishman » je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi l’acteur s’est perdu dans des projets pas toujours très pertinents pour ne pas dire mauvais. L’acteur retrouve sa superbe qui a fait de lui un des acteurs majeur du 20èmesiècle. Ce type de rôle est clairement fait pour lui. Bien que différente, sa performance est clairement au niveau de celle de ses plus grands films.Contrairement à ce qu’il a pu produire dans « Taxi Driver », « Les Affranchis » ou encore « Heat », l’acteur est beaucoup plus calme, posé. Premier rôle du film, il s’efface pourtant souvent pour laisser le devant de la scène à Al Pacino et Joe Pesci. Mais cet effacement est surtout dû à son personnage, homme de main et confiance de Russell Bufalino et Jimmy Hoffa. La fin du film symbolise d’ailleurs bien l’influence qu’on eut les deux personnages sur Frank. Dans sa maison de retraite, il convoque systématiquement un prêtre alors que la religion était le cadet de ses soucis jusque-là. Une action que Russell Bufalino avait lui aussi faite en prison juste avant de mourir devant Frank. La dernière scène du film montre ce dernier demandant à son aide-soignante de laisser la porte entrouverte en quittant la chambre. Là Frank imite Jimmy Hoffa, qui laissait systématique sa porte entrouverte avant d’aller se coucher. C’est un rôle de l’ombre qu’à Robert de Niro, qu’il incarne exceptionnellement bien. 

Depuis quand n’avait-on pas vu une telle performance d’Al Pacino ? Dans le rôle de Jimmy Hoffa, l’acteur est littéralement en transe, et sublime le film par chacune de ses apparitions.Dès qu’il est à l’écran, on sait qu’il va se passer quelque chose. À partir du moment où il est introduit, c’est lui dicte le rythme du film. En son absence, l’action est plus lente, lorsqu’il est présent, le rythme s’accélère et la tension augmente. Du grand art !

Joe Pesci complète le trio avec maestria. Il vole presque la vedette aux deux monstres du cinéma. Incarnant un personnage à l’allure plutôt frêle, il déborde de charisme. En un coup d’œil, on sait qu’il ne faut pas chercher des noises au personnage de Russell Bufalino. Je ne compte même plus le nombre de fois où le mot « respect » a été prononcé à propos de son personnage. L’acteur est sorti de sa retraite pour Martin Scorsese, et je ne saurais trop comment le remercier tant sa performance est immense ! 

Je pourrais écrire des pages et des pages concernant le casting de « The Irishman ». Il est évident que Robert de Niro, Al Pacino et Joe Pesci accaparent l’attention. J’en ai presque oublié la présence d’Harvey Keitel en Angelo Bruno et la bonne performance de Stephen Graham dans le rôle d’Anthony « Tony Pro » Provenzano.

Un film testamentaire ?

Si vous hésitez à regarder le film à cause de sa longueur (3h30), ne vous inquiétez pas, vous ne verrez pas le temps passer ! En ressenti, on a plus l’impression d’avoir passé deux heures que trois heures devant son écran. Cette longueur est de toute façon très bénéfique au film puisqu’elle lui permet de ne rien occulter. Dans ce sens, sa sortie sur Netflix est une bonne chose. Au cinéma, Martin Scorsese aurait certainement eu beaucoup plus de contrainte. La longueur du métrage aurait contraint les diffuseurs à réduire le nombre de séances, et qui dit moins de séance dit moins d’argent. De plus, le scénario bénéficie vraiment du temps qui lui est consacré. On s’attache ainsi beaucoup plus facilement au personnage, rendant la fin métrage vraiment très émouvante.

« The Irishman » est un film de gangsters, de mafia, d’action, appelez-le comme vous le voulez. Cependant, il est globalement assez calme. Par rapport à ses 3h30, les scènes de fusillade et de règlement de comptes son finalement assez rares. Une donnée qui est en rapport avec la vieillesse des personnages mais aussi tout simplement celle du réalisateur et des acteurs. Le film dépeint des personnalités très fortes qui ont marqué l’histoire, mais qui connaissent une fin assez pathétique, comme pour rappeler que finalement nous sommes tous égaux face à la mort. Une morale que l’on pourrait aussi appliquer à Robert de Niro, Al Pacino et Martin Scorsese ( excepté pour le côté pathétique) qui sont des figures majeures de l’histoire du cinéma. 

Conclusion : 

Avec « The Irishman » Martin Scorsese signe un adieu tonitruant au cinéma de gangster. Pour son « testament », rien de mieux qu’engager les acteurs qui ont marqué le cinéma de ce genre, Robert de Niro, Al Pacino et Joe Pesci. Ce quatuor signe une œuvre mémorable qui devrait s’imposer comme une des œuvres majeures du cinéma. Un chef-d’œuvre, tout simplement. 

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

3 réflexions sur “Chronique Express : "The Irishman", un chef-d'oeuvre, tout simplement

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