Rétrospective Tarantino : « Kill Bill : volume 1 »

Sorti en 2003, « Kill Bill : volume 1 » est le cinquième long-métrage de Quentin Tarantino, avec Uma Thurman, Lucy Liu, David Carradine, Sonny Chiba et Chiaki Kuriyama. Le film suit les péripéties de Beatrixx Kiddo qui souhaite se venger de son ancien groupe de tueuses à gages, « Les Vipères Assassines », qui ont tenté de la tuer sans réussite. Cependant cette tentative a causé la mort de l’enfant de Beatrixx, encore enceinte. Cette dernière va alors faire une liste de cible à abattre dont le dernier est Bill, le chef des « Vipères Assassines ». « Kill Bill : volume 1 » se concentre sur les combats face à O-Ren Ishii et Vernita Green les deux premières cibles de Beatrixx. Le long-métrage connait un succès moyen parmi toute l’œuvre de Tarantino. Aux USA, il récolte 70 millions de dollars, ce qui en fait son 4èmeplus grand succès mais très loin de « Pulp Fiction » troisième avec 107 millions. En France, le film attire 1,9 million de spectateurs, ce qui le place à la cinquième place au box-office sur les 10 films de Tarantino. Ce succès moyen s’explique toutefois par le fait que le film est interdit classé R-Restricted aux USA, et interdit aux moins de 16 ans en France. « Kill Bill : volume 1 » n’obtient aucune nomination lors des grandes cérémonies.

Beatrixx Kiddo (Uma Thurman) prête à en découdre

De tous les films de Tarantino, « Kill Bill : volume 1 » est sans doute le plus sanglant. Pourtant, les autres longs-métrages ne manquent pas de scènes trash, la fusillade finale de « Django Unchained », les scalps et la fusillade dans le cinéma de « Inglorious Basterds » ou encore Vincent Vega qui tue accidentellement un otage dans une voiture, explosant sa cervelle dans « Pulp Fiction ». Non j’ai beau réfléchir, je ne vois pas de film plus sanglant dans la filmographie de Tarantino que « Kill Bill : volume 1 ». Ce qui symbolise parfaitement ce fait, c’est les différents visuels qu’utilise le réalisateur, afin de réduire les effusions de sang et rendre plus supportables certaines scènes. Pour ce faire, le réalisateur opte par deux fois pour le tournage en noir et blanc, qui permet de cacher la couleur rouge du sang. Deuxième solution lors du passage sur les origines de O-Ren Ishii avec un tournage en animé, qui s’il ne cache pas le sang, permet d’ôter la dimension réaliste de la scène pour la rendre plus supportable.

La question que l’on pourrait en retirer est la suivante : le sang profite-il ou non au métrage ? Cinématographiquement parlant, il permet au réalisateur de s’illustrer avec une variété immense dans les plans. Avez-vous déjà vu un film qui alterne les plans en noir et blanc avec des couleurs puis ensuite des plans en animés ? Cette variété permet donc à Tarantino de faire coup double, d’une part il rend plus supportables les scènes et d’autre part il permet au film d’atteindre une dimension artistique unique. Cette violence enlève toutefois au film un point fort habituel des films de Tarantino : les dialogues. Les combats ne laissent que peu de place au talent de dialoguiste du réalisateur, qui ne s’exprime sur ce film qu’à travers la voix du maître samouraï Hattori Hanzo. Le seul gros point négatif concerne finalement le box-office. L’effusion de sang a conduit le métrage à être classé R-Restricted aux États-Unis et interdit aux moins de 16 ans en France.

Au-delà de son aspect sanglant et la variation du type d’images, le film est très beau visuellement parlant. Tout ce qui entoure les traditions japonaises sur le combat, en particulier le traitement des lames qu’utilisent les samouraïs, mais aussi les combats sont largement mis en valeur. On sent le respect de Tarantino pour ces valeurs ce qui se traduit par des combats époustouflants, notamment le dernier, lorsque Beatrixx (Uma Thurman) affronte O-Ren Ishii (Lucy Liu). Alors que l’on sort d’un combat ultra sanglant, l’affrontement entre les deux tueuses est presque doux, léger, symbolisé par l’endroit, un jardin traditionnel japonais recouvert de neige. Superbe !

Comme pour la plupart de la première moitié de la filmographie de Tarantino, la narration n’est pas linéaire. Le film débute par la tentative de meurtre sur Beatrixx, avant de retrouver cette dernière plus tard dans son combat face à Vernita Green (Vivicia A.Fox) pour ensuite revenir dans le passé et le voyage au Japon de l’héroïne pour faire face à O-Ren Ishii. Le scénario est construit un peu à la manière d’un jeu vidéo. Beatrixx fait d’abord face à un premier boss pour poser les bases du jeu, avant de devoir trouver un artefact, en l’occurrence une lame de samouraï, afin d’avoir une chance de vaincre sa cible. Une fois en sa possession, elle doit affronter les nombreux subalternes du boss, puis ses lieutenants, avant de pouvoir enfin lui faire face. À travers cette construction, Tarantino veut sans doute rendre hommage à la culture japonaise, très féru de jeu vidéo. « Kill Bill : volume 1 » est d’ailleurs un immense hommage à cette culture à travers la construction du film donc, mais aussi la mise en valeur des samouraïs, ainsi que l’utilisation d’une séquence en animé qui rappelle les mangas. 

Le long-métrage reprend le thème le plus commun aux films de Tarantino : la vengeance. « Django Unchained » représente la vengeance contre les esclavagistes, « Inglorious Basterds » contre les nazis, « Once Upon a time… in Hollywood » contre la secte de Charles Manson. « Kill Bill : volume 1 » est la vengeance d’une mère à qui on a arraché son enfant alors qu’elle était encore enceinte. On suit la progression de Beatrixx dans une vengeance jubilatoire contre ses ennemies parfaitement identifiées comme antagoniste. Si comme les autres Beatrixx est une meurtrière, Tarantino ne laisse pas de place à l’ambiguïté avec une dichotomie bien/mal fortement identifiée. 

Dans ce combat une personne se démarque : Uma Thurman. J’ai l’impression que le rôle de Beatrixx Kiddo a été fait spécialement pour elle tellement il lui va comme un gant. Je ne pense pas trop m’avancer en disant que c’est certainement le rôle de sa carrière, encore plus que celui qu’elle a dans « Pulp Fiction », trop secondaire. Aujourd’hui, lorsque l’on prononce son nom, l’image qui vient en tête est immédiatement elle dans sa fameuse tenue jaune. L’actrice rayonne dans les deux volets de la saga parvenant à être impitoyable, drôle, mais elle aussi nous émouvoir. Je ne sais pas ce que l’avenir réserve à Uma Thurman, mais le rôle de Beatrixx Kiddo risque fortement d’être le plus emblématique de sa carrière. 

Je ne pouvais pas conclure cette rétrospective sans parler de la bande-son. Cette dernière est la meilleure de la filmographie de Tarantino. Elles est composé par Robert Fitzgerald Diggs plus connu sous le nom de RZA, rappeur du Wu-Tang Clan. Parmi toutes les séquences, celle que j’ai préférée est sans conteste celle de l’hôpital, avec Daryl Hannah qui siffle la célèbre composition de Bernard Hermann « Twisted Nerve« .

« Kill Bill : volume 1 » est l’un des meilleurs films de Quentin Tarantino et peut-être le plus emblématique avec « Pulp Fiction ». C’est sans conteste l’un des longs-métrages les plus aboutis cinématographiquement du réalisateur, même s’il lui manque une profondeur scénaristique qui lui aurait permis d’acquérir un plus grand succès populaire, et ce malgré le fait qu’il soit interdit aux moins de 16 ans. Grâce à Uma Thurman au sommet de son art mais aussi une bande-son tout simplement phénoménale, le long-métrage a tout pour rester comme l’un des films les plus marquants de la filmographie de Quentin Tarantino.  

Retrouvez la bande-annonce du film ci-dessous :

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

Une réflexion sur “Rétrospective Tarantino : « Kill Bill : volume 1 »

  1. Redécouvert récemment (merci Netflix) pour mon plus grand plaisir. Je l’avais vu à sa sortie et j’avais dû passer à côté du ton très 2d degré de Tarantino. Un kiff de cinéma, où le cinéaste prend autant de plaisir que nous

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s