Chronique Express : « Doctor Sleep », un hommage digne et effrayant à Kubrick

« Doctor Sleep », suite de « Shining », est réalisé par Mike Flanagan avec au casting Ewan McGregor, Rebecca Ferguson, Kyliegh Curran, Cliff Curtis et Zahn McClarnon. L’histoire se déroule plusieurs années après les évènements survenus à l’hôtel Overlook. On retrouve Danny Torrance, qui se bat pour oublier le traumatisme qu’il a vécu étant enfant. Ses vieux démons vont ressurgir lorsqu’il fait la connaissance de Ava, une jeune fille pourvue d’un Shining impressionnant qui est traquée par la bande à Rose « Claque », qui cherche à se nourrir littéralement des enfants qui ont des dons particuliers. Danny va alors aider Ava à combattre cette bande tout en luttant contre ses propres fantômes. Alors qu’a pensé la Chronique Express du film ? Voici la critique de « Doctor Sleep » !

Toujours aussi effrayant

Si « Shining » de Stanley Kubrick était aussi effrayant, c’est parce qu’il jouait avec le spectateur avec une musique impressionnante et très importante qui faisait monter constamment la tension du spectateur, créant des scènes ultras angoissantes. « Doctor Sleep » reprend les mêmes ingrédients. Il n’y a quasiment aucune scène où la musique est absente, sauf pendant les dialogues. Le métrage commence d’ailleurs avec la même musique que « Shining », celle composée par Wendy Carlos d’après la Symphonie fantastique de Berlioz. Par la suite, il faut plus parler de « son » que de « musique ». Le silence est quasiment absent de « Doctor Sleep », chaque scène sans dialogue est marquée par la répétition d’un bruit de battement de cœur, qui accélère avant d’être rompu la plupart du temps par un personnage qui prend la parole ou une scène qui n’est pas forcément effrayante. Ce battement de cœur instaure en tout cas un climat de malaise et de tension, exactement comme le faisait la musique de « Shining ». 

« Doctor Sleep » est tout aussi effrayant que son prédécesseur. La différence est que les antagonistes sont beaucoup plus identifiés avec la bande à Rose. Ce changement ancre plus le métrage dans un registre fantastique mais identifiable. Dans « Shining » on ne savait pas bien si Danny imaginait les fantômes ou s’ils étaient réels. Pas de doute dans « Doctor Sleep » tout est bien réel. Mike Flanagan fait le choix de ne pas laisser d’ambiguïté aux spectateurs. L’identification de l’antagoniste pourrait laisser penser que le film est moins angoissant que « Shining » mais ce n’est pas le cas. La mise en scène compense ce détail, grâce à la musique, au son des battements de cœur, et une atmosphère toujours très pesante, symbolisée par le job de Danny, qui est veilleur dans une maison de retraite où il tente d’apaiser les occupants avant leur mort, d’où le surnom Doctor Sleep.

Au nom du père…

Un des moments importants est le retour dans l’hôtel Overlook. En revenant sur le lieu de son traumatisme, Danny s’affranchit de la peur de son père, libère ses fantômes, afin d’éviter de faire les mêmes erreurs que lui. Les fans de « Shining » seront ravis de ce retour aux sources, avec de nombreuses références comme le plan sur le visage de Danny qui passe la tête de la même manière que son père devant la porte fracassée à la hache par ce dernier. Mike Flanagan réintroduit d’ailleurs quelques plans iconiques de « Shining », comme celui du couloir avec une rivière de sang, ou encore celui qui suit Danny sur son jouet jusqu’à la chambre 237. Surtout, toute la séquence dans l’hôtel accélère considérablement le rythme du film, confirmant un peu plus que l’Overlook a une influence démoniaque sur ses occupants. Ce dernier a d’ailleurs toujours un cadre spatio-temporel distordu où le passé rencontre le présent puisque Danny va y faire une rencontre fortuite, que je ne ne préciserai pas sous peine de faire un gigantesque spoiler. 

En ce qui concerne le casting, Ewan McGregor réalise une performance honorable sans être non plus éblouissante. Évidemment, difficile de passer après Jack Nicholson. À sa décharge, le type de rôle n’est pas du tout le même. Là où Jack Nicholson devait créer une suspicion et une tension autour de son personnage, Ewan McGregor incarne un Danny qui a vaincu ses démons et n’a plus peur de faire face à des fantômes. Un rôle beaucoup plus sobre, et donc beaucoup moins spectaculaire que celui de Jack Nicholson. La petite Kyliegh Curran dans le rôle d’Ava apporte quant à elle un vent de fraicheur au film. D’abord craintive, elle prend peu à peu confiance dans ses pouvoirs au point de tenir tête à Rose. L’actrice parvient à alterner des séquences angoissantes avec d’autres où confiante, elle parvient à faire retomber la tension. 

« Doctor Sleep » est tout de même moins oppressant que « Shining ». La plupart du film est tourné en extérieur, alors que le long-métrage de Stanley Kubrick était à 95% dans l’Overlook. La géométrie des plans est donc très différente. Dans « Shining » tout était très carré, ce qui donnait parfois l’impression d’être enfermé avec les acteurs dans l’hôtel, créant une sensation étouffante et oppressante. « Doctor Sleep » étant en extérieur, les plans sont beaucoup moins étroits, on respire beaucoup plus. Le film de Mike Flannagan est également moins innovant que son prédécesseur, et ne comporte pas de réelle scène visuellement marquante, mis à part les reprises des plans légendaires de « Shining ». 

Conclusion : 

Si l’absence de la mise en scène de Kubrick et du génie de Jack Nicholson se voient, le film parvient tout de même à être très effrayant en utilisant avec pertinence la musique et les sons. Il est également plus accessible au grand public que « Shining », ce qui pourrait être important au niveau du box-office. Finalement, la plus grande performance de « Doctor Sleep » de Mike Flannagan est d’être une suite crédible et singulière étant une meilleure adaptation de l’œuvre de Stephen King que « Shining », tout en rendant un vibrant hommage à Stanley Kubrick. Du grand art. 

Retrouvez la bande-annonce du film ci-dessous :

F.M

Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

4 réflexions sur “Chronique Express : « Doctor Sleep », un hommage digne et effrayant à Kubrick

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