Rétrospective Tarantino : « Django Unchained »

« Django Unchained » est le 8ème long-métrage de Quentin Tarantino, sorti en 2012 c’est aussi son deuxième western avec « Les Huit Salopards » qui sortira 3 ans plus tard en 2015. Au casting, on retrouve Jamie Foxx, Christopher Waltz, Leonardo DiCaprio, Samuel L.Jackson et Kerry Washington. Le film se déroule deux ans avant la guerre de Sécession, et retrace l’histoire de Django Freeman, un ancien esclave désormais libre grâce au chasseur de primes le Dr.King Schultz, qui a besoin de lui afin d’identifier 3 malfrats. Une amitié va rapidement se nouer entre les deux compères, au point que le docteur King Schultz propose à Django de l’aider dans sa quête de retrouver sa femme, qui est esclave à Candyland. Les deux associés se mettent alors en route pour rencontrer Calvin J.Candie, le propriétaire des lieux. Le long-métrage est le plus grand succès populaire de Tarantino avec plus de 425 millions de dollars de recettes dans le monde, dont 162 millions aux États-Unis. En France, c’est également le plus grand succès du réalisateur avec 4,3 millions de spectateurs. Succès critique, le film remporte deux Oscars en 2013 avec le meilleur scénario original et le meilleur acteur dans un second rôle pour Christoph Waltz. 

Tarantino et le western, c’est une association qui coule de source, et pourtant, le réalisateur aura attendu son huitième film pour explorer le genre. On peut sans trop prendre de risque affirmer qu’avec son film, le réalisateur remet à la mode le genre du western classique qui avait disparu des radars depuis ses heures de gloire dans les années 50,60. Il y a clairement un avant et un après « Django Unchained » dans le cinéma moderne. Avant, il faut remonter à « Danse avec les loups » (1990) pour retrouver trace d’un western marquant, même si l’on peut aussi citer le très bon « True Grit » (2010). Depuis, les producteurs se sont remis à produire des films de qualité avec des bons succès critiques comme « The Revenant » (2015), « Les Huit Salopards » (2015), « Brimstone » (2017), « Hostiles » (2017) ou encore « Les Frères Sisters » (2018) et « Bacurau » cette année.

« Django Unchained » rentre dans la catégorie des Tarantino/blockbuster qui mettent l’accent sur un scénario populaire, un humour très affirmé, de l’action et une touche de fan service. Le réalisateur reprend ses bonnes habitudes qu’il avait légèrement délaissées dans « Inlgorious Basterds » avec un métrage très sanglant, peut-être autant que les deux volumes de « Kill Bill ». Il faut dire que le contexte du western s’y prête particulièrement bien. Dans « Django Unchained » le traitement du corps est très particulier puisqu’il est bien souvent assimilé à un simple bout de viande. Les esclaves sont tous très marqués par les coups qu’ils ont subis. L’un d’eux, d’Artagnan est même livré en pâture aux chiens dans une scène assez trash. On peut aussi prendre pour exemple la fusillade entre Django et les hommes de Calvin à la fin du film, les corps ne sont plus que de vulgaires bouts de chairs, explosés suite aux coups de feu.

Contrairement à ses premiers films comme « Reservoir Dogs » ou « Pulp Fiction », le talent de dialoguiste de Tarantino se fait moins ressentir. Les dialogues sont moins percutants et plus conventionnels mais en revanche beaucoup plus drôles. En effet, « Django Unchained » apporte une large touche d’humour qu’il n’y avait pas dans la première partie de sa filmographie si l’on excepte « Pulp Fiction ». Une manière aussi d’alléger les scènes très difficiles à regarder comme celles avec d’Artagnan, mais aussi le combat à mort à mains nues entre les deux esclaves ou encore les coups de fouet donnés à Broomhilda. Cet humour permet donc de rendre le long-métrage beaucoup plus abordable pour le grand public.

Un humour qui aurait été impossible à mettre en place sans le génie de Christoph Waltz. Déjà exceptionnel dans « Inglorious Basterds », l’acteur récidive en portant quasiment le film à lui tout seul. Certes, le personnage principal reste Django que Jamie Foxx incarne à la perfection. Ce dernier trouve d’ailleurs là le meilleur rôle de sa carrière. Un rôle qu’a d’ailleurs refusé Will Smith. La raison ? Il trouvait que le personnage du docteur King Schultz lui volait la vedette. Lorsque l’on regarde le métrage, on ne peut qu’être d’accord avec lui. Le rythme du film est dicté par les actions du personnage, qui va tout de même progressivement s’effacer pour laisser place à Django dans une fin en apothéose propre aux films de Tarantino, à laquelle il ne participera d’ailleurs pas, mais dont il est tout de même le déclencheur en tuant Calvin. Ne vous y trompez pas, le héros de l’histoire, c’est Django, mais le personnage principal, c’est bien le docteur King Schultz, une inversion des rôles rendus possibles grâce à la superbe performance de Chrisoph Waltz.

Le traitement des seconds rôles dans les films de Tarantino est toujours très particulier. « Django Unchained » en est un parfait exemple. Comme dit précédemment, Christoph Waltz vole la vedette à Jamie Foxx, mais ce n’est pas le seul. À partir du moment où il apparaît, Leonardo DiCaprio crève également l’écran dans le rôle de Calvin J.Candie, c’est également le cas pour un Samuel L.Jackson méconnaissable dans celui de Stephen. Il n’a beau être que dans la dernière partie, Leonardo DiCarpio donne une autre dimension au film à chacune de ses apparitions. Pour résumer, toute la première partie du métrage met en exergue Christoph Waltz avant de laisser place à une passe d’armes entre ce dernier avec Leonardo DiCpario et Samuel L.Jackson. Bien qu’étant le héros de l’histoire, Jamie Foxx est presque intégralement dans une position de second rôle jusqu’à la fin où il sera le seul survivant du carnage en compagnie de sa bien-aimée. 

Si « Django Unchained » est le plus grand succès populaire de Quentin Tarantino, il le doit aussi à sa thématique : un esclave se libère de ses chaînes pour renverser la situation et tuer ses anciens maîtres. La suite ? La recherche de l’amour en délivrant sa princesse prisonnière. Un thème rassembleur, une mise en scène Tarantinesque sublimée par un casting exceptionnel, on comprend mieux après ça comment Tarantino a remis au gout du jour le western.

Retrouvez la bande-annonce du film ci-dessous :

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

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