Critique Rétro : « Docteur Folamour » de Stanley Kubrick

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro de la Chronique Express dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture !

« Dr.Folamour » est un film de Stanley Kubrick sorti en 1964, avec Peter Sellers, George C.Scott, et Sterling Hayden. En pleine guerre froide, le conflit entre Américains et Soviétiques prend une tout autre ampleur lorsque le Général Jack D.Ripper, atteint de folie paranoïaque décide d’envoyer ses bombardiers munis de bombes atomiques pour frapper l’URSS. Le Président Américain Merkin Muffley, le Général Buck Turgidson et le Docteur Folamour ( un ancien officier nazi, désormais en chaise roulante) tentent alors de trouver une solution pour annuler l’attaque. « Docteur Folamour » est le septième long-métrage de Stanley Kubrick et son dernier en noir et blanc. Il obtient quatre nominations aux Oscars en 1964 mais n’en gagne aucun. L’American Film Institue le considère comme la troisième plus grande comédie cinématographique de tous les temps.

De tous les films de Stanley Kubrick, « Docteur Folamour » est sans doute le plus burlesque et le plus dingue. Pour un public jeune et contemporain, l’humour du long-métrage sera peut-être difficile au vu de ce qui est proposé actuellement dans le même genre. En effet, le film est une immense satire de l’armée américaine et de la guerre en général. Un humour noir comme on en fait plus, qui serait très certainement attaqué de tout part à l’heure actuelle. Pour commencer, l’intrigue démarre sur un coup de folie. Le général Jack D.Ripper décide d’envoyer ses bombardiers lancer une attaque nucléaire sur l’URSS. Le reste n’est qu’une succession de vastes plaisanteries : le Président des États-Unis et le Premier ministre Russe n’osent pas se faire la moindre impolitesse par téléphone donnant à leur conversation un ton d’amourette naissante, le commandant T.J « King » Kong, qui dirige l’assaut, est muni d’un chapeau de cow-boy comme une prémonition au lancement de la bombe nucléaire et symbolise à lui seul l’expression « avoir la gâchette facile ». On peut aussi rajouter les multiples allusions sexuelles de Jack Ripper, ou encore l’intrépide Général Buck Turgidson qui passe son temps à clamer haut et fort qu’il faut détruire les Soviétiques. Le métrage se termine en apothéose avec le Docteur Folamour, un ancien officier nazi qui n’arrive plus à contrôler ses saluts et le général Kong qui lâche la bombe atomique sur l’URSS chevauchant le missile à grands cris de cow-boy. Bref, un humour noir et satirique très efficace qui s’il ne pousse pas aux éclats de rire, laisse un sourire aux lèvres qui ne s’efface pas.

Au-delà de l’humour noir, « Docteur Folamour » est aussi une gigantesque métaphore sexuelle, forcément incarnée par le personnage du Général Jack D.Ripper, qui passe son temps à parler des « fluides corporels ». La scène d’ouverture montre un remorquage phallique avec une sorte de scène de sexe entre avions. Globalement, le film monte doucement en tension, jusqu’à l’apothéose finale avec l’explosion nucléaire. À cette occasion, le commandant Kong, jusqu’alors pourtant plutôt calme, libère le missile et le chevauche avec des cris jubilatoires. On peut aussi rajouter la séquence finale avec le docteur Folamour et son discours où il peut enfin se livrer librement sur ses expériences tordues qui le mettent dans un état transcendantal au point de ne plus pouvoir contenir ses saluts nazis, symbole d’une érection qu’il ne peut plus contrôler, avant comble de l’absurde, de pouvoir se lever de sa chaise roulante et marcher en lâchant un « Je peux marcher Mein Führer » devant le président américain.

On ne peut parler du film sans rendre hommage à l’immense talent de Peter Sellers qui incarne trois rôles dans le métrage (le président Merkin Muffley, le docteur Folamour et le Colonel Mandrake). La différence entre ses trois prestations est tout simplement stupéfiante. L’acteur est méconnaissable selon le rôle qu’il joue. La palme est pour son interprétation du Docteur Folamour aussi bien gênante qu’hilarante. L’apparition tardive de ce personnage malgré le titre éponyme du métrage est à ce titre une petite déception tant on aurait aimé le voir plus longtemps à l’écran.

Il faut aussi citer la performance de George C.Scott dans le rôle du Général Buck qui par moments vole la vedette à Peter Sellers. Par rapport à la mollesse du personnage du président, lui est quasiment hystérique. Malgré ses opinions extrêmes, il finit malgré tout par être le personnage le plus sympathique du métrage, certainement car il est le plus humain, un aspect caractérisé par le fait qu’il semble être le seul à ne pas être frustré. D’ailleurs, c’est le seul qui a un contact avec l’unique personnage féminin du film, la secrétaire Miss Scott, sa petite amie.

Le long-métrage est hors du commun et sort complètement des sentiers battus. Par son ton très satirique, il ne fait pas dans la demi-mesure comme la plupart des films du réalisateur. Soit vous l’adorerez soit vous le trouverez trop absurde. Loin d’être le film le plus abordable de Kubrick « Docteur Folamour » est sublimé par la musique légendaire de Laurie Johnson et se trouve être une comédie satirique comme on en fait plus. Un classique pour les cinéphiles, un objet d’étude idéal pour les étudiants en cinéma. 

Retrouvez la bande-annonce du film ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

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