Critique Rétro : « Batman » de Tim Burton

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro de la Chronique Express dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture !

Sorti en 1989, « Batman » est film réalisé par Tim Burton avec Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Michael Gough et Billy Dee Williams. C’est le premier long-métrage sur l’homme chauve-souris à sortir au cinéma. L’intrigue met aux prises Batman face à son pire ennemi : le Joker. Au box-office, le film aura connu un bon succès aux États-Unis où il rapporte 250 millions de dollars. En France, son succès est moyen avec un peu plus de 2 millions d’entrées. 

La vision de Batman de Tim Burton est celle qui jusqu’à présent, se rapproche le plus de celle des comics. Bruce Wayne y est dépeint comme à son habitude comme un riche milliardaire. Cependant, il n’est pas bling-bling comme peut l’être Christian Bale et ses voitures de collection, ni autant séducteur. Le Bruce Wayne incarné par Michael Keaton est sobre et mal à l’aise avec sa richesse. Il n’apparaît pas comme un coureur de jupons, puisqu’il n’a d’œil que pour une seule femme, Vicki Vale jouée par Kim Basinger. Lorsqu’il revêt son costume, ce Batman n’est pas un guerrier ultime qui met en déroute tout un contingent, ni un super-héros devant se battre contre des forces mystiques qui le dépassent. Il est simplement dans son rôle de plus grand détective du monde menant une enquête pour combattre le Joker.

Le Joker, parlons en justement. Jack Nicholson est le premier à l’incarner au cinéma. Suivront, Heath Ledger, Jared Leto et enfin Joaquin Phoenix en ce moment à l’affiche dans « Joker »( critique à ce lien). Comme pour Batman, le Joker se rapproche beaucoup de celui des comics. Il apparaît moins meurtrier que celui d’Heath Ledger et moins flashy que Jared Leto. En fait, il se rapproche un peu de celui Joaquin Phoenix. La différence entre les deux réside dans l’histoire des origines du personnage qui diffère complètement. L’identification est plus difficile avec Jack Nicholson qu’avec Joaquin Phoenix. Ce dernier n’est au début qu’un homme parmi les autres alors que Jack Nicholson est déjà un malfaiteur avant même de devenir le Joker. Ce qui les relient en revanche, c’est le sens du spectacle. Joaquin Phoenix est de base un clown qui souhaite devenir humoriste, tandis que Jack Nicholson a simplement un sens de la mise en scène démesuré et très extravagant comme le montre parfaitement la scène du musée où lui et ses troupes dégradent tout un panel d’œuvre d’art. Jack Nicholson est certainement le Joker le plus coloré, le plus musical, le plus fou de tous. Heath Ledger est plus manipulateur et Joaquin Phoenix est le symbole même de l’antisystème. Jack Nicholson est un joker séducteur et amusant, c’est ce qui rend sa performance unique. C’est certainement lui qui est la meilleure représentation du Joker, tandis Joaquin Phoenix réalise lui la meilleure interprétation du personnage. 

Si jusqu’à présent l’accent a surtout été mis sur les acteurs, c’est parce que Michael Keaton et surtout Jack Nicholson portent littéralement le film. La vision de l’univers de Batman de Tim Burton est plutôt cohérente, mais le rythme du film est trop lent. L’introduction notamment est beaucoup trop longue. Il faut quasiment attendre la moitié du film avant que Jack Napier ne devienne le Joker et que le métrage prenne une autre tournure. Il y a trop peu d’action pour un film de super-héros, et trop peu de profondeur pour être un film décalé du genre comme peut l’être « Joker ». De plus le long- métrage accélère seulement à chaque apparition du Joker, ce qui crée un trop grand décalage entre la première moitié du film et la seconde. Enfin, pour un film censé avoir pour personnage principal Batman, le héros n’apparaît que trop rarement en costume dans le film et ces dernières sont très loin d’être épiques.

« Batman » n’a pas très bien vieilli. Il faut dire que les effets spéciaux ne sont pas vraiment au rendez-vous, et ce même pour l’époque. Les scènes d’action ne sont pas du tout dynamiques. D’autres films de la même époque font beaucoup mieux comme « Retour vers le Futur 2 et 3 » (1989 et 1990), « Danse avec les Loups » (1990) ou encore « Total Recall » (1990).  À noter tout de même les très bons costumes du film avec les tenues extravagantes du Joker où celui de Batman qui est peut-être encore aujourd’hui le plus beau jamais réalisé. 

Pour le premier Batman au cinéma, Tim Burton s’en sort malgré tout plutôt bien, même si cette réussite tient plus sur la performance de Jack Nicholson et Michael Keaton que sur l’ensemble du film. Le plus dommage, c’est que l’on ne retrouve que trop peu la patte du réalisateur pourtant déjà bien connu avec « Beetlejuice » (1988), puis « Edward aux mains d’argent » qui sort la même année que « Batman ». Mais Tim Burton aura au moins eu le mérite de lancer un genre de cinéma qui n’était pas du tout en vogue à l’époque. Le film connaîtra d’ailleurs plusieurs suites avec « Batman : Le Défi » en 1992, « Batman Forever » en 1995 et « Batman et Robin » en 1997. « Batman » aura donc lancé la première grande saga de super-héros. C’est ce qu’on appelle être un précurseur.

Retrouvez la bande-annonce ci-desdous.

F.M

Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

5 réflexions sur “Critique Rétro : « Batman » de Tim Burton

  1. « La vision de Batman de Tim Burton est celle qui jusqu’à présent, se rapproche le plus de celle des comics »…
    Oui, si on parle des comics jusqu’au années 90 … le Batman actuel, suivant les auteurs, est beaucoup plus proche de la trilogie avec Christian Bale.
    Idem pour le jokers ! Killing joke (1988) montre un jokers hyper violant et sadique.
    Depuis le début des années 2000 il est violant, sanguinaire, calculateur et très sadique !

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  2. Sauf que les comics de batman dans les années 80 gardait encore son esprit d’origine avec une ambiance rappelant les années 30 et le côté détective du personnage. Ce qui n’est absolument plus le cas passé les année 2000. Donc les nouveaux batman n’ont plus rien en commun avec l’oeuvre de bob kane tant dans le fond que dans la forme. Les fans du batman d’aujourd’hui ne comprennent pas à quel point ils sont pris au piège dans une machine commercial efficace qui ne fait que détruire l’univers du personnage.

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