Rétrospective Tarantino : « Pulp Fiction »

Sorti en 1994, « Pulp Fiction » est pour beaucoup de personnes le chef-d’œuvre de Quentin Tarantino, son film le plus culte. Le long-métrage regroupe un casting de stars avec John Travolta, Samuel L.Jackson, Bruce Willis et Uma Thurman, sans parler des seconds rôles de Harvey Keitel, Tim Roth ou encore Rosanna Arquette. L’intrigue retrace l’histoire de malfrats, Vincent Vega et Jules Winnfieldn, où vont s’entremêler d’autres histoires, la fuite de Butch Coolidge, un boxeur qui a refusé de se « coucher » au cinquième round contre de l’argent, la soirée entre Vincent Vega et la femme de son patron, Mia Wallace et le braquage d’un restaurant par Ringo et Jodi empêché par Vega et Winfield. Le film va connaître un succès moyen en France (2,8 millions d’entrées) mais rapportera tout de même 107 928 762 dollars aux Etats-Unis. Si le succès populaire est bon sans être exceptionnel, le monde du cinéma acclame le long-métrage qui en plus de la Palme d’or au Festival de Cannes en 1994, remportera aussi  l’Oscars du meilleur scénario original et le Golden Globes du meilleur scénario. 

Dans l’analyse de « Reservoir Dogs », nous expliquions que le premier long-métrage de Tarantino lui avait permis de poser les bases de son cinéma. Deux ans après, il réitère avec « Pulp Fiction » deuxième acte d’une trilogie de « gangster » qui se terminera par « Jackie Brown » trois ans plus tard. « Pulp  Fiction » est LE film culte de Tarantino, mais est-ce vraiment le meilleur ? 

Par rapport à « Reservoir Dogs », il n’y a pas photo. Le long-métrage est plusieurs crans au-dessus. Cependant cela n’empêche pas « Pulp Fiction » de faire moins « gangster » que « Reservoir Dogs ». Les malfrats, Vincent Vega (John Travolta) et Jules Winfield (Samuel L.Jackson) sont moins professionnels que M. White ou M.Pink. Mais ce qui fait vraiment la différence, c’est l’absence de policiers, les antagonistes habituels des films de gangsters. Dans « Reservoir Dogs », la menace imminente de l’arrivée de la police planait sur l’intrigue, jusqu’au twist qui révèle que M.Orange est en fait un policier infiltré. Il n’y a pas d’antagoniste clair dans « Pulp Fiction », ce qui ôte la tension qu’il y avait dans « Reservoir Dogs ». 

Dans son film, Quentin Tarantino reprend le type de narration non linéaire dont il a le secret. Le métrage est construit en plusieurs séquences qui ne se suivent pas, et qui permettent de mettre en exergue un personnage par rapport à un autre. Par exemple, Mia Wallace (Uma Thurman) est présente quasiment uniquement dans la partie « Vincent Vega and Marsellus Wallace’s Wife », avant de presque disparaître de l’intrigue. « Reservoir Dogs » était batti de la même manière mais les séquences étaient trop rapides pour que l’on s’attache aux personnages. Dans « Pulp Fiction » on s’attache tour à tour à la folie psychopathe de Samuel L.Jackson dans l’introduction, à la paire Vincent Vega/Mia Wallace et enfin au personnage de Butch (Bruce Willis). Cet attachement rend le film plus émotionnel que « Reservoir Dogs ». Cependant, « Pulp Fiction » souffre d’un manque déjà présent chez son prédécesseur : le manque de profondeur. Le film est techniquement parfait et scénaristiquement  très innovant, mais on a encore une fois du mal à savoir là où Tarantino veut nous emmener, à déceler le sens profond du film. 

Le génie de Tarantino réside dans le fait que l’on peut reconnaître ses films dès les premières secondes. L’introduction qui met en scène Ringo (Tim Roth) et Jody (Rosanna Arquette) en est le parfait exemple. Les dialogues sont crus, frappants et drôles comme dans l’ensemble de la filmographie du réalisateur. Ce dernier recherche toujours l’innovation dans ses plans et « Pulp Fiction » est certainement le film qui contient le plus de scènes cultes parmi tous ceux de Tarantino. Le plan sur l’exceptionnel Samuel L.Jackson qui récite un verset de la bible avant de tuer Brett est un classique. Le gros plan sur son visage donne l’impression qu’il jette une malédiction sur sa victime qui voit la mort s’abattre sur elle. La mallette que Winfield récupère à une dimension magique, religieuse, on pourrait la comparer au Graal. On ne sait pas ce qu’elle contient, et à chaque fois qu’un personnage l’ouvre, il est illuminé par une lumière divine, complètement absorbé par son contenu. Un autre aspect commun dans « Pulp Fiction » aux autres films de Tarantino, c’est la mort subite d’un des personnages principaux. Dans « Reservoir Dogs », c’est presque l’ensemble des personnages qui meurt. Dans « Pulp Fiction », Vincent Vega se fait tuer par Butch un peu à la surprise générale. Une surprise renforcée par le fait que la réalisation ne s’apitoie pas du tout sur la mort du personnage et par le comique de la situation (Vega était en train de lire aux toilettes juste avant). 

L’autre scène culte qui nous a le plus marqué, c’est évidemment le rencard entre Vincent Vega et Mia Wallace. La scène où les deux personnages dansent le twist sur « You never can tell » de Chuck Berry est l’une des plus cultes de l’histoire du cinéma. Les personnages visiblement très attirés l’un par l’autre mais dans l’incapacité de faire quoi que ce soit (Mia Wallace est la compagne du boss de Vincent Vega) se lâchent sur scène et peuvent exprimer tout ce qu’ils ne peuvent pas dire. Toute la séquence du rencard met en valeur la performance exceptionnelle de John Travolta mais surtout d’Uma Thurman, qui personnalise à elle seule la séduction et la tentation. 

Globalement, l’ensemble des personnages féminins de « Pulp Fiction » est caractérisé par son côté tentateur. Outre Mia Wallace, la conductrice de taxi semble être complètement obnubilée par le fait que Butch a tué son adversaire sur le ring de boxe et la séquence est emplie d’une tension sexuelle. Fabienne est également représentée de la sorte. Ce côté de son caractère avait même été annoncé indirectement par Mia Wallace. Cette dernière disait qu’elle avait tourné une série dans laquelle se trouvait une française dont le talent était de « coucher ». Une déclaration qui fait référence à Fabienne (même si elle n’est pas ladite actrice de la série), également d’origine française, que l’on voit peu, mais qui se trouve dans l’unique scène érotique du long-métrage. Lorsqu’elle parle de sa série, Mia Wallace fait d’ailleurs une autre annonce, avec une référence au personnage d’Uma Thurman dans « Kill Bill », puisqu’elle déclare jouer une « femme spécialiste des couteaux ». On peut également rajouter le fait que Butch lors de la scène où il s’échappe de son kidnapping, tue ses opposants avec un sabre, l’arme fétiche de l’héroïne de « Kill Bill« . Ces références montrent un peu plus à quel point Tarantino aime connecter ses films entre eux.  

« Pulp Fiction » est sans conteste le film le plus culte de Quentin Tarantino, celui qui risque de traverser les époques. Dans la construction, « Pulp Fiction » se rapproche assez de « Once Upon a Time…in Holywood » le dernier film de Tarantino. Cinématographiquement ce sont ses deux films les plus aboutis. Mais pour ma part, « Pulp Fiction » n’est pas le plus grand film de Tarantino, je lui préfère « Django Unchained » ou encore « Inglorious Basterds ». Cependant, il y a une chose qu’on ne peut pas enlever au film et qui est de l’ordre de la certitude : « Pulp Fiction » est sans aucun conteste le long-métrage de Tarantino qui a le plus influencé la pop-culture et le cinéma, et ça, c’est ce qui rend un film légendaire.

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

F.M

Et vous qu’avez-vous pensez du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

Une réflexion sur “Rétrospective Tarantino : « Pulp Fiction »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s