Rétrospective Tarantino : Reservoir Dogs

« Reservoir Dogs » est un film sorti en 1992, avec Harvey Keitel, Tim Roth, Michael Madsen, Steve Buscermi et Chris Penn. Le film retrace l’histoire d’une bande de truands qui après un cambriolage raté doivent chacun se justifier afin de découvrir lequel d’entre eux les a trahis. « Reservoir Dogs est le premier long-métrage de Quentin Tarantino. Le film a reçu quelques distinctions comme « Meilleur Réalisateur, et « Meilleur Scénario » au Festival International du film de Catalogne. Dans les salles, le film connaît un succès moyen. Il rapporte quasiment 3 millions de dollars aux États-Unis et fait 310 milles entrées en France. En tout, le film aura récupéré 22 millions de dollars dans le monde. Si le succès est très modeste, le gain par rapport au budget initial de 1,2 million d’euros est énorme, et permet à Tarantino de lancer sa carrière de réalisateur. 

« Reservoir Dogs » représente à lui seul parfaitement l’œuvre entière de Quentin Tarantino. Des dialogues frappants, un rythme percutant, des acteurs éblouissants, de l’action et du sang, du sang et encore du sang. Le long-métrage pose les bases de la filmographie du réalisateur, qui deux ans plus tard connaîtra son plus grand classique avec « Pulp Fiction ».

Le long-métrage tranche avec les autres films de gangsters. L’action principale de l’intrigue, à savoir le cambriolage, n’est en effet pas montrée, seulement narrée tour à tour par les personnages, ce qui donne l’impression d’avoir assisté à la scène, sans que ce soit le cas. On a ici affaire à des truands qui ont raté leur coup mais qui ne sont pas non plus des loosers. Le film n’est donc pas a classé dans le genre de la comédie, bien que les dialogues laissent très souvent le sourire aux lèvres.

Quentin Tarantino dépeint ici une image très différente du gangster, habituellement montré comme étant sombre, solitaire, séducteur et sans pitié. Dans « Reservoir Dogs », les truands sont des hommes comme les autres. La première scène du film résume parfaitement cette prise de positon avec des personnages qui discutent de la réelle signification de « Like a Virgin » de Madonna avec un vocabulaire assez cru. Cette scène s’étire anormalement pour se terminer sur M.Pink (Steve Buscemi) qui refuse de donner un pourboire à la serveuse car il ne veut pas faire «  ce que la société lui impose ». Tarantino le désigne alors comme un personnage près de ses sous, comme une prémonition sur la fin du métrage puisque c’est le seul de la bande qui va s’en tirer, embarquant certainement avec lui le butin du braquage. Comme pour mieux montrer qu’ils appartiennent au commun des mortels, les références à la pop-culture sont nombreuses, entre autres, Joe (Lawrence Tierney) est notamment comparé à La Chose des 4 Fantastiques. 

Le rythme du métrage est basé sur la tension qui monte au fil des minutes bien aidées par le sort de M.Orange (Tim Roth) qui, ayant pris une balle dans le ventre en tentant de voler une voiture à une civile, se vide de son sang. Les braqueurs arrivent les uns après les autres à l’entrepôt (le lieu de rendez-vous après le braquage) pour constater chacun à leur façon leur échec. Chaque fois que la caméra s’attarde sur un personnage, la scène se coupe et le film part sur un flashback pour montrer comment chaque personnage s’est engagé dans le braquage, ce qui crée une narration non-linéaire qui donne sa singularité au film. L’entrepôt, c’est le moment où Michael Madsen qui incarne M. Blonde se met à briller. L’acteur réalise dans « Reservoir Dogs » une superbe performance où il interprète à merveille le bandit psychopathe que détestable mais hilarant.

Le finish du film est marqué du style de Tarantino. Une fin surprenante et sanglante, sublimée par le twist final et la révélation du traitre, qui laisse scotcher sur son siège un peu comme « Django Unchained » ou « Once Upon a Time…in Hollywood », le grandiloquent en moins. Un « ending » que Tarantino reprendra très largement dans sa future filmographie, confirmant un peu plus « Reservoir Dogs » dans son rôle de film fondateur. 

Le long-métrage de Tarantino n’est cependant pas sans défaut. Le film est un peu court, ce qui ne permet pas véritablement de s’attacher aux personnages dont on ne connaît finalement que peu de choses. De plus, « Reservoir Dogs » manque de profondeur. On sent bien que le réalisateur veut casser les codes des films de gangsters habituels et les rendre plus humains, mais on se demande encore quelle est la véritable morale du film. Mais est-ce vraiment le plus important ? On a tendance à penser que non. 

Avec « Reservoir Dogs » Quentin Tarantino pose les bases de son cinéma. Des personnages déjantés, un amour du détail et de l’action jubilatoire. Si le long-métrage ne fait pas partie de ses meilleurs films, il constitue pour n’importe quel amoureux de Tarantino un passage obligatoire pour la compréhension de l’œuvre du réalisateur.

Retrouvez la bande-annonce du film ci-dessous.

F.M

Et-vous, qu’avez-vous pensez du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

2 réflexions sur “Rétrospective Tarantino : Reservoir Dogs

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