Désenchantée : l’analyse de la partie 2

Matt Groening affirme ce qu’il veut

La première partie de la saison 1 nous avait laissé de bonnes impressions. Matt Groening semblait vouloir se réinventer pour sa première collaboration avec la plateforme Netflix. Avec la sortie de la seconde partie de la saison 1, on espérait voir, tout d’abord, autant de références à l’Histoire et à l’art. On souhaitait ensuite bien sûr que certaines réponses soient apportées aux nombreuses questions entourant le royaume de Dreamland (et que Elfo revienne en vie, bien sûr). Qu’en est-il vraiment ? 

1. Le contraste avec Futurama et Les Simpsons

Dans l’analyse de la partie 1 de cette première saison, on avait pu avoir un aperçu de l’immense quantité de références que contiennent les dialogues de Désenchantée. Cette seconde partie de saison semble encore renforcer notre postulat de base : Groening veut se renouveler et s’éloigner de Futurama et des Simpsons avec Désenchantée. On retrouve l’humour à petite dose de la première saison, sur un fond de pathos

Cette seconde partie nous prouve en effet à quel point le royaume de Dreamland est un royaume désenchanté, comme l’indique le titre de la série. Un étranger qui arrive en ville ? C’est un ennemi qui complote contre le roi et qui manque de tuer Bean ! Une belle rencontre avec une femme sauvage pour Zog ? Cette dernière ne pourra se passer de l’appel de la nature, et le laissera de nouveau seul avec lui-même (le thème de la solitude de Zog est très utilisé dans les premiers épisodes de cette seconde partie). Derek rencontre un ami sincère ? Sincère, peut-être l’était-il, mais il manquera de peu de le tuer en l’attirant avec lui dans les profondeurs marines. S’il y a bien une chose que l’on peut remarquer avec cette série, c’est qu’elle colle parfaitement à son titre. Groening nous offre avec Désenchantée le spectacle de la vie humaine dans son ensemble. On y évoque les péchés, la nature vile et égoïste de nombreux personnages, avec un peu d’humour et de légèreté pour faire passer le tout. Ce n’est pas un type de société comme chez les Simpsons qui est critiqué, mais la nature même de l’homme. On comprend donc facilement que les spectateurs qui s’attendaient à visionner quelque chose dans le même ton que mes deux premières créations de Groening soient déçus, et pourtant ! Il y a peut-être plus à apprendre dans Désenchantée que ce que l’on peut bien croire aux premiers abords.

2. Toujours de belles références

Niveau référence, avec cette série, on est servi ! Fait intéressant, les références aux grands cultes monothéistes sont bien plus présentes dans cette seconde partie, et notamment dans l’épisode 2, où Bean et Lucie descendent aux Enfers, et où l’on observe Elfo évoluer au sein du Paradis. Le Dieu qui préside le Paradis possède un visage lumineux, afin de respecter la plupart des croyances monothéistes qui veulent que le Dieu suprême ne soit pas représenté. Elfo lui-même, afin de « gagner » sa place aux Enfers, tente de représenter le Dieu suprême par le dessin, fait qu’il qualifie de « péché limite mortel ». En dehors de ce visage lumineux, le Dieu suprême est représenté dans la série avec un cou blanc, et des mains noires, afin de représenter tous les Hommes.

Bon nombre d’autres références, littéraires, artistiques ou historiques, sont utilisées dans cette seconde partie, comme dans la première. Pour exemple, Le bar dans l’allée des elfes s’appelle « Le Prechaun » dans l’épisode 9 de cette deuxième partie. Dans le folklore irlandais, dont les plus anciennes références connues sont faites dans un conte médiéval, le leprechaun, cette créature humanoïde que l’on associe à l’or trouvé dans un chaudron au pied d’un arc-en-ciel, serait une « créature féérique dégénérée ». La référence ici est donc plutôt sympathique, on parle en effet d’une allée des elfes, des créatures féériques d’une gentillesse et d’une naïveté incomparables, qui vont se repaître de sucreries et boire dans un bar qui porte le nom d’une créature féérique qui a mal tourné. Le bar, cet antre du mal ! 

3. Des personnages plus attachants et marquants

On peut se féliciter du fait que bon nombre de personnages aient gagné en épaisseur avec cette seconde partie de saison. Bean prend du recul concernant sa mère et vivra plusieurs étapes d’un deuil difficile. Zog quant à lui retrouvera l’amour, mais c’est surtout le personnage de Lucie qui prend de l’ampleur dans cette deuxième partie de première saison. Dans l’épisode « La descente aux enfers », il met de côté ses ambitions personnelles, son avenir et son immortalité afin de sauver Elfo et le ramener à la vie (ainsi que Bean, qui serait restée coincée en enfers s’il n’était pas intervenu). 

On peut aussi évoquer le personnage de Oona, qui suit ses ambitions premières et décide de prendre la mer pour devenir une pirate (et une femme semble-t-il) accomplie.

4. Un rythme particulier

Le rythme de Désenchantée n’a rien à voir avec les séries du même genre que l’on a l’habitude de visionner. Les épisodes se suivent, et pourtant, les moments très importants que vivent chacun des personnages ne sont pas repris ou utilisés régulièrement. C’est à la fois rafraîchissant et un tantinet agaçant. Nous savons par exemple que Elfo est amoureux de Bean depuis la première partie. Or, il n’est fait mention de l’abandon de Elfo de la part de Bean et de sa déception en l’apprenant que dans un seul épisode ! C’est peu, pour un événement aussi dramatique. 

De plus, nous n’en saurons pas davantage concernant les sentiments de Elfo (mis à part sa jalousie passagère contre Lucie, qui n’a rien à voir avec Bean) de toute la partie 2 ! De même, le sacrifice de Lucie, dont nous parlions précédemment, n’est évoqué que trop peu en comparaison de son importance. 

On peut aussi noter le fait que les épisodes centraux de cette partie, et plus particulièrement le septième et le huitième, sont un peu plus lents que ceux qui ouvrent et ferment la partie. On s’attarde davantage sur Derek et sa relation avec Bean dans l’épisode « L’étreinte gluante de l’amour », mais pour le reste, on regrette les histoires annexes trop peu importantes traitées en si grande pompe, quand des événement primordiaux semblent parfois être survolés.

5. Un royaume qui donne de l’espoir pour la suite

En revanche, et c’est peut-être la meilleure idée de cette seconde partie, on découvre l’incroyable ville steampunk, qui offre de nombreuses opportunités pour la saison 2. On apprend en effet (Attention : SPOILERS !) que le père de Bean connaît des ennemis dans cette cité phare de la science. Comment donc le royaume de Dreamland parviendra-t-il à se protéger contre les ennemis possédant des avancées technologiques aussi conséquentes ? D’autres personnages moyenâgeux seront-ils plongés dans cette cité similaire à une Atlantide émergée ? Comment réagiront-ils, en ce cas, face aux avancées scientifiques (ou stientifiques, pour ceux qui ont vu la saison) qui leur seront présentées ? Cette autre cité pleine d’opportunités a vraiment su surprendre les spectateurs. On espère donc la voir davantage utilisé dans la saison 2 !

T.E

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