Critique Rétro : « Willow » de Ron Howard

Tous les vendredis, retrouvez la Critique Rétro de la Chronique Express dans laquelle on se penche sur un film qui a influencé la pop-culture ! 

Bien avant « Le Seigneur des Anneaux » de Peter Jackson, sortait au cinéma « Willow » de Ron Howard en 1988, produit par George Lucas. Le long-métrage retrace l’histoire de Willow Warwick Davis), un Nelwyn (une race de nains) fermier qui rêve d’être sorcier et qui voit sa vie bouleversée lorsqu’il recueille un bébé qui se trouve être la princesse Elora, destinée à renverser la tyrannique reine Bavmorda (Jean Marsh). Willow entreprend alors un périlleux voyage afin de confier Elora à une famille Daikini (les humains) qui saura s’occuper de son éducation.

Le style de la fantasy n’était pas très développé au cinéma avant que « Le Seigneur des Anneaux » de Peter Jackson n’emporte tout sur son passage. Pourtant, si « Willow » s’inspire bien évidemment des romans de J.R.R Tolkien, Peter Jackson s’est sans nul doute inspiré de ce qu’a fait Ron Howard au cinéma pour adapter ses deux trilogies. Car « Willow » est un précurseur du genre de l’héroic et de la high fantasy au cinéma. Le héros fait partie d’une race reclue du monde, les Nelwyn. Faisant preuve d’un courage qu’on ne lui soupçonnait pas, il va franchir toutes les épreuves qui se mettent en travers de son chemin afin d’accomplir la tâche qui lui est dévolue : renverser la méchante reine Bavmorda. Willow est exactement comme Frodon. On peut trouver des similitudes entre leurs alliés : Madmartigan (Val Kilmer) avec Aragorn, la sorcière Fin Raziel (Patricia Hayes) avec Gandalf, la guide Cherlindrea (Maria Holvoe) avec Galadriel. On pourrait même faire le rapprochement entre les deux lutins Rool (Kevin Pollak) et Franjean (Rick Overton) avec Merry et Pippin. Seul manque à l’appel un personnage qui remplirait le rôle de Sam que Meegosh (David Steinberg) aurait pu tenir, mais les attraits maléfiques de l’Anneau Unique étaient certainement plus difficiles à supporter que la compagnie d’un enfant, raison pour laquelle Willow a moins d’aide que Frodon.

L’ambiance de « Willow» est plus légère que celles des films de Peter Jackson. En fait, on pourrait même dire que « Willow» se rapproche plus de l’œuvre de Tolkien, que l’adaptation même des romans de ce dernier par Peter Jackson. Là où le « Seigneur des Anneaux » est épique, sombre et majestueux, « Willow » est plus de l’ordre du conte de fée pour enfants, sobre, magique et suscitant le rêve, exactement ce que l’on retrouve dans l’écriture très poétique de Tolkien. Le long-métrage est rupestre, très drôle et accessible à tous. « Willow» aurait très bien pu être un conte qui n’aurait rien à envier aux légendes d’Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde.

Au niveau des images, le film a certes vieilli, surtout lorsque l’on voit les effets spéciaux, notamment lors de l’apparition des trolls ou du combat avec l’espèce d’hydre à deux têtes. Mais c’est une donnée qui passe vite au second plan face à la poésie du film. La réalisation est simple et limpide et tend avant tout vers un émerveillement enfantin. Elle ne s’attarde pas sur des détails inutiles.

Finalement, on sait peu de choses sur l’univers de « Willow» ou sur la psychologie des personnages. Chaque personnage accomplit sa quête, sans plus. Une fois son aventure terminée, Wilow retrouve son village et sa famille. Madmartigan, incarnée par un excellent et très drôle Val Kilmer, accomplit son rôle de la plus grande fine lame du pays et tombe amoureux de Sorsha (Joanne Whalley), la fille de la méchante reine Bavmorda, qui s’occupera avec son bien aimé de l’éducation de la future princesse Elora. La magicienne Razel a affronté Bavmorda qui est l’incarnation du mal sans aucune ambiguïté. Sur ce dernier point, « Willow » est encore plus manichéen que « Le Seigneur des Anneaux ». Le bien et le mal sont parfaitement identifiables, là où l’œuvre de Tolkien, pourtant réputée pour être très manichéenne, laisse planer quelques doutes sur la personnalité de certains personnages comme Boromir par exemple, ou même Sauron qui était de base un demi-dieu destiné à faire le bien. « Willow» réalise le même accomplissement qu’un conte, on en sait juste assez pour rester rêveur et laisser notre imagination faire le reste.

On met souvent en avant, et à raison, « Le Seigneur des Anneaux » comme point d’ancrage de la fantasy au cinéma. Effectivement, la première trilogie de Peter Jackson, a permis de populariser d’une manière jamais vue auparavant le genre de la fantasy dans le septième art. Mais il ne faudrait pas oublier que plusieurs années auparavant, d’autres longs-métrages du genre ont existé et sont de véritables classiques et précurseurs dans leurs genre. On peut citer « Le Magicien d’Oz » de Victor Fleming, ou encore « Dark Crystal » de Jim Henson et Frank Oz. Willow fait sans conteste partie de ces classiques, et mériterait d’être plus reconnu auprès du grand public qu’il ne l’est actuellement, peut-être au moyen d’une série sur son univers. Il ne reste plus qu’à espérer qu’un producteur s’y repenche un jour.

Retrouvez la bande-annonce ci-dessous :

F.M

Et vous qu’avez vous pensé du film ? Dites-le nous dans les commentaires !

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